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samedi 6 août 2011

Blague locale

Les iraniens sont extrêmement chauvins, et de fait il est exceptionnel de les entendre critiquer leur pays (dans le sens nation).
Les très rares occasions ou ils le font, est dans le but d’égratigner le pouvoir en place, et ils le font avec un certain humour.

L’exemple en est cette blague racontée dernièrement par un de mes collègues et qui illustre bien l’état d’esprit d’une certaine partie de la population.

La voilà donc :

Obama, Sarkozy et Ahmadinedjad se retrouvent tous les 3 à la porte de l’enfer. Complètement estomaqués individuellement de se retrouver ici plutôt qu’au paradis, ils demandent à voir le patron des lieux pour comprendre ce qu’ils leur arrivent.

Chose faite et après plusieurs heures de palabre après, Lucifer leur dit : Assez parlé. Je vous offre une dernière possibilité de me convaincre que votre place n’est pas ici. Appelez qui vous voulez pour plaider votre cas, et j’aviserai ensuite.

Barack commence. Il prend le téléphone, appelle sa femme Michelle à Washington DC, lui explique la situation. Il passe le combiné à Lucifer, et s’ensuit une longue diatribe de sa femme vantant les bienfaits de son mari sur sa vie de famille, son pays, …

Lucifer raccroche,… réfléchit quelques secondes, puis dit « Mouaif, pas très convaincant tout ça,…. Bon j’y réfléchis. En attendant ça fera 5000 $ ».

Obama, un peu surpris, se demande pourquoi cet argent. Lucifer lui répond un peu énervé : « Bah quoi, tu crois que c’est gratuit les appels en longue distance ??? C’est que ça coute pépette pour avoir un câble qui relie l’enfer à la surface de la terre !!! ».

Obama s’exécute sans plus de question.

Au tour de Nicolas, n’étant pas très sur de son rôle de mari modèle, il préfère appeler son 1er ministre à Paris. Même topo : explique ce qu’il lui arrive, passe le combiné à Lucifer.
Quelques dizaines de minutes après, Il raccroche, regarde Nicolas, et lui dit :
« Pas drôle ton collègue, …bon laisse moi y penser, et donne moi mes 3000 € ! ».

Il voit Sarkozy commencer à maugréer, et pour éviter les discussions, Lucifer le coupe méchamment : « Quoi, y a encore un problème ? Vous croyez vraiment que c’est gratuit le téléphone ??? »

Un peu effrayé, Sarkosy lui donne ses 3000 €.

Arrive au tour de Mahmoud : « Mais ce n’est pas normal de me retrouver, je suis un vrai croyant moi ! Je suis l’icône de la liberté dans mon pays, je suis…. ». Lucifer reprend immédiatement : « Bon, on va pas y passer 3 heures, t’appelle ou quoi ???? ».

Mahmoud prend le téléphone, compose le numéro du guide suprême à Téhéran : « Allo, Khamenei ? Salam, Khoubasti ? Rasta na bachid….. », Lucifer s’impatiente, et prend finalement le téléphone. Il raccroche plusieurs minutes après, hilare !
« Si ça, c’est un amis, t’as pas besoin d’ennemis toi !!….Bon OK, je regarde ».

Mahmoud commence à sortir ses liasses de Rials, mais Lucifer réagit et lui dit que c’est gratuit pour lui.

Un peu choqués par ce qu’ils considèrent comme une injustice, Barack et Nicolas commencent à protester….

Lucifer, en les regardant de travers, leur répond : « Quoi ? Lui, il a passé un appel LOCAL !!! ».


Comprenne qui pourra…

lundi 27 avril 2009

Parce que je le vaux bien

En Iran, la tenue islamique est de rigueur pour les femmes (même les étrangères), et les « Pasdaran » (gardiens de la révolution) sont là pour vérifier au bon respect de cette règle. Cependant, si vous imaginez que les iraniennes sont toutes voilées de la tête au pied, vous vous trompez lourdement.
C’est qu’au fil des années, elles ont su faire preuve d’une imagination sans limite pour rester féminine.
Ainsi les couleurs gaies ont remplacées peu à peu le noir ; le foulard, en glissant centimètre par centimètre, ne recouvre quelquefois plus que le chignon sur lequel il repose, et la tunique (pour cacher l’arrière) est devenue bien trop cintrée pour cacher quoique ce soit.

….et, là je ne parle pas du maquillage (quelque fois un peu extrême à mon goût).

Bref, même après un an ici, je suis encore tout étonné de voir autant de « laisser-aller », notamment dans les rues huppées de Téhéran,…. enfin un attrait à cette ville !!

Pour aller encore plus loin, l’une des dernières modes est de passer entre les mains des chirurgiens esthétiques, principalement pour refaire le nez (pour une raison que j’ignore, elles complexent dessus).
On voit ainsi de plus en plus des jeunes filles (quelques hommes aussi) arborant fièrement leur nouvel appendice nasal. Certaines font même dans l’ostentatoire : plus c’est voyant, mieux c’est !!…malheureusement !

C’est qu’un nez refait est aussi devenu un signe de statut social : il y a celles qui ont pu le faire (mine de rien, c’est que ce n’est pas gratuit tout ça), et celles qui ne le pourront jamais.

Bon, pour finir,… ces dernières ont trouvé la parade : elles portent pendant quelques jours un bout de sparadrap sur le nez (histoire de dire que elles aussi, elles l’ont fait), puis, devant le manque d‘enthousiasme de leurs copines en découvrant ce nouveau nez, expliquent que la modification n’a été que très légère.

Commerces de proximité

Quand vous avez besoin d’acheter quelque chose en Iran, vous n’avez quasiment pas d’autres choix que de vous rendre dans une des toutes petites boutiques qui pullulent dans les rues ou dans les bazars.

Leur taille ne dépasse que très rarement la superficie d’une chambre au « Formule 1 », et malgré ça, on arrive à y trouver pratiquement n’importe quoi, même le plus invraisemblable.
C’est que le moindre recoin est utilisé pour y fourrer pêle-mêle le plus de produits possibles (et mieux vaut demander directement au proprio avant d’aller déranger son magasin).

La preuve ? Voici une photo d’une petite papeterie prise à Chiraz.

Bon là, j’avoue,... c‘est un peu un cas extrême.

Administration

Affronter l’administration iranienne peut quelquefois relever de la punition ultime. Heureusement pour moi, la majeure partie des démarches est prise en charge par l’antenne locale de l’entreprise ou je travaille. Tout est transparent,…ou presque.

Peu de temps après mon arrivée, il a fallu quand même récupérer mes affaires personnelles qui m’attendaient aux services des douanes de l'aéroport de Téhéran. Cette fois-ci, pas moyen de se défiler,….

Devant l’immensité de la tâche à accomplir, une personne de l’antenne locale m’accompagna pour me guider dans les dédales officiels et officieux de la douane iranienne. Pour être franc, mon rôle se résuma très vite à le suivre bêtement et à signer là ou il me demandait de signer.

J’aurai du mal à vous expliquer exactement par où et par quoi je suis passé. Imaginez-vous cependant une armée de fonctionnaires dans des bureaux dignes des années 50, racontant qu’ils ne peuvent rien faire tant qu’il n’y a pas le tampon « Truc » sur le formulaire « Machin » qui doit être paraphé par un responsable quelconque (mais qui n’est pas là), ou par son chef hiérarchique (mais peu enclin à stopper sa partie de « solitaire » endiablée sur son PC).

En pratique et en chiffre, ça donne à peu près ça :
  • Première destination, les bureaux d’ « Iran Air » pour connaître l’endroit ou se trouvent les malles : 4 guichets et 30 min après, c'est parti pour...
  • le bâtiment principal des douanes ou se concentrent plusieurs rangées de fonctionnaires. Au bout de 2h00 de palabre, nous savons enfin où sont exactement mes malles. Destination donc le….
  • "Main Warehouse" : course poursuite entre les colis pour être sûr de trouver le bon douanier (celui qui n’est pas trop regardant, mais qui est, comme par hasard, très sollicité aussi). Ca y est, enfin mes malles ! Mais pas question de les prendre, ce n’est que l’inspection. Donc retour au…
  • bâtiment principal. Après 45 min passant de bureau en bureau, on nous donne enfin le bon formulaire pour aller payer les frais de dédouanement dans le…
  • "Public Warehouse". Bon rythme : les guichets défilent à grande vitesse… jusqu’à ce qu’un gars arrive et donne une pile de journaux du jour aux personnels (ce qui a profondément diminué notre rendement). On nous donne plein de nouveaux documents et destination le ….
  • "Main Warehouse" : on nous sort enfin mes 7 malles rapidement mises dans un pick-up loué pour l’occasion. Ca y est, on peut partir pour le…
  • "Control Inspection Dept.", celui qui vérifie que la 15aine de formulaires et bouts de papier en tout genre sont correctement remplis/tamponnés/paraphés.
Bref, après 9 heures et une 20aine de bureaux visités, nous avons enfin pu repartir avec les malles,…malles qui malheureusement se sont avérées ne pas être toutes à moi (les miennes m’attendaient sagement au Brésil….erreur de logistique française).

Y a des jours comme ça….

lundi 13 avril 2009

Anecdote


Puisqu’on parle de la vie nocturne, voici une petite anecdote :

Comme la police religieuse voit d’un mauvais œil les tentatives de drague en pleine rue (il est théoriquement interdit à une femme de parler ou de se promener avec un homme qui ne fait pas partie du cercle familial), les Téhérannais ont développés toute une batterie de stratagèmes pour échapper à leur surveillance.

L’un d’eux consiste à préparer une multitude de petits papiers avec son numéro de téléphone, de prendre la voiture puis de tourner sur certains grands boulevards jusqu’au bout de la nuit. Le cas échéant, le petit papier volera de voiture en voiture après un regard bien appuyé entre leur(s) occupant(s).

…et voilà comment débute une relation….

Bon, ça n’est pas sans causer certains effets collatéraux :
- la circulation devient quasi impossible le soir sur les « dits » boulevards,
- les petits accidents à répétition (bah oui, pas facile de viser tout en conduisant),
- les gros malentendus (un coup de vent et hop, ça tombe dans la voiture d’à coté)

Pour les plus pauvres, il existe aussi la variante à pied dans les parcs …mais c’est plus dangereux (vis-à-vis de la police).