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samedi 25 avril 2009

Forteresses du désert


Si l’on croit les Iraniens, qu’ils viennent de Tabriz, d’Ispahan, ou du coin le plus reculé d’Iran, leur ville possède la plus belle mosquée du Pays (voire mieux). Mosquée que chaque touriste passant par l’Iran devrait absolument voir.

Les mosquées en Iran sont certes magnifiques, mais je crains de saturer assez rapidement dans les visites de monuments religieux. Heureusement pour moi, les environs de Yazd m’ont permis de découvrir enfin autre chose.


Il existe à l’est de la ville des villages assez typiques construits autour de vielles forteresses en Pisé. C’est un peu en dehors des circuits touristiques, mais ces châteaux datant généralement du 9ème siècle méritent vraiment le déplacement.



Bizarrement, les Iraniens ne comprennent pas trop pourquoi un étranger fait autant de kilomètres pour voir tout ça,…alors que pas plus loin, il y a une superbe mosquée.


Yazd


Yazd est réputée pour être l’une des plus anciennes citées du pays. Elle est située aux confins du plateau Iranien, et son relatif isolement lui à permis d’échapper aux destructions qui ont accompagnées les grandes invasions Mongol et Arabe. Il y reste donc un important centre historique qui a peu bougé depuis plusieurs siècles.


Les 2 monuments les plus connus sont la mosquée Jameh et le monument Amir Chakhmâgh, mais pour moi, ce ne fut pas ce qu’il y avait de plus intéressant.


L’architecture fut, ici, complètement adaptée aux conditions climatiques extrêmes (une chaleur étouffante une bonne partie de l’année, et des hivers quelquefois très rudes).


Toute la ville s’est, par exemple, enfoncée pour profiter de la fraicheur de caves construites sur deux, trois niveaux, voire plus. On y trouve, même encore maintenant, toute une activité souterraine : cafés, salles de sport,… à plusieurs mètres de profondeur.


L’enfoncement était également nécessaire pour bénéficier de l’eau apporté par les fameux « Qanats » (cf l’article précédent).


Les maisons traditionnelles, quant à elles, étaient généralement scindées en 2, de part et d’autre d’une cour intérieure. La partie donnant vers le nord, ouverte et à l’abri des rayons du soleil, est utilisée pour les mois les plus chauds, et la partie donnant vers le sud, pendant l’hiver.


Les plus riches propriétaires installèrent également des « Badgirs » (Tours du vent) destinées à faire circuler un courant d’air frais dans la partie destiné à l’été. C’est pour moi le symbole de la ville.


Bref, si vous avez décidé de visiter l’Iran, essayez de passer par Yazd. Elle propose sans doute l’une des diversités architecturales les plus riches d’Iran.

Paysage Lunaire

J’ai eu l’occasion, il y a peu, de prendre l’avion pour me rendre dans le centre de l’Iran, à Yazd pour être plus précis.

Vers la fin du trajet, j’avais été surpris de voir une multitude de cratères bien alignées et à intervalle plus ou moins régulier. Chacun d’entre eux avait un diamètre de 2 ou 3 mètres et un point noir au centre (difficile de juger vu d’avion).

En y regardant de plus près, il y en avait même plusieurs séries, traçant leur route dans un paysage particulièrement désertique. Certaines semblait dater de plusieurs décennies, d’autres étaient relativement récentes.


e me demandais bien évidemment à quoi cela pouvait bien servir et, connaissant le gout des Iraniens pour les superlatifs, je voyais déjà le premier quidam venu m’expliquer qu’il s’agissait soit du plus gros dessin en pointillé du monde (à raccorder avec le plus gros crayon du monde), soit de la représentation de la plus grande peau à acné du monde (bein oui, les « points noirs » !), soit de l’œuvre de la plus grosse taupe du monde, espèce indigène au pays et nul par ailleurs, …. Bref, j’ignorais ce que c’était, mais ça allait être le « truc » le plus grand du monde.

J’ai eu ma réponse en visitant un musée à Yazd : Le centre de l’Iran est composé d’un plateau entouré par de grandes chaînes de montage. Malgré cela, il n’y a que très peu d’eau : pas de lacs, pas de rivières,… L’eau (parce qu’il y en a quand même) descend directement des versants des montages, puis disparaît rapidement dans les nappes phréatiques. Bref à moins de faire de très profonds puis, impossible d’y faire pousser quoique ce soit dans ce fameux plateau,…. Et pourtant,….

La méthode était toute simple : aller chercher l’eau là ou elle est.

Les Perses, il y a 3000 ans, ont commencé à percer des tunnels en pente douce des montagnes ou l’eau est facilement accessible jusqu’aux champs et villes du plateau iranien. Pour finir, ce que j’avais pris pour des cratères sont en fait le résultat de l’accumulation de déblais, et les points noirs, les trous d’accès et d’aération pour les ouvriers qui y ont travaillé.

C’est ce qu’on appelle les « Qanats ». Une grande partie du territoire iranien en tirait profit (et le territoire Iranien, c’est quand même plus de 3 fois la France). Même si cela tend à disparaître au profit des pompes mécaniques, beaucoup d’entre eux sont encore utilisés notamment dans la région de Yazd. Ce fut l’un des travaux de terrassement les plus importants au monde effectué depuis l’antiquité et, bien entendu, les Iraniens en sont extrêmement fiers.