Affichage des articles dont le libellé est Expatrié. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Expatrié. Afficher tous les articles

samedi 8 mai 2010

Enfin une bonne nouvelle

La municipalité de Téhéran et « Carrefour » ont l’honneur d’annoncer l’ouverture de leur premier centre commercial, dénommé « Hyperstar », à l’est de la ville.

Un bon gros Carrefour comme il y en a tant en France (voire un peu partout dans le monde), avec plein de chose à l’intérieur !!!



Bien sur, tout n’est pas encore parfait : les étals ne sont pas toujours bien achalandés et certains rayons (fromage, charcuterie,…) sont d’une monotonie affligeante,…et je ne vous parle même pas du rayon « spiritueux ».



Quoiqu’il en soit, son ouverture nous a substantiellement facilité la vie. Fini les petites boutiques de 10 m2 où s’entassent les produits du sol au plafond, fini les petites superettes qui vendent des produits d’importation 2 ou 3 fois leur prix, et fini aussi les « Sharvand », sorte de « Prisunic » des années 70 où les hôtesses de caisse étaient aussi avenantes que les matons de la Santé.

Au risque de passer pour bassement matérialiste, ce jour fut à marquer d’une pierre blanche !!

lundi 27 avril 2009

Administration

Affronter l’administration iranienne peut quelquefois relever de la punition ultime. Heureusement pour moi, la majeure partie des démarches est prise en charge par l’antenne locale de l’entreprise ou je travaille. Tout est transparent,…ou presque.

Peu de temps après mon arrivée, il a fallu quand même récupérer mes affaires personnelles qui m’attendaient aux services des douanes de l'aéroport de Téhéran. Cette fois-ci, pas moyen de se défiler,….

Devant l’immensité de la tâche à accomplir, une personne de l’antenne locale m’accompagna pour me guider dans les dédales officiels et officieux de la douane iranienne. Pour être franc, mon rôle se résuma très vite à le suivre bêtement et à signer là ou il me demandait de signer.

J’aurai du mal à vous expliquer exactement par où et par quoi je suis passé. Imaginez-vous cependant une armée de fonctionnaires dans des bureaux dignes des années 50, racontant qu’ils ne peuvent rien faire tant qu’il n’y a pas le tampon « Truc » sur le formulaire « Machin » qui doit être paraphé par un responsable quelconque (mais qui n’est pas là), ou par son chef hiérarchique (mais peu enclin à stopper sa partie de « solitaire » endiablée sur son PC).

En pratique et en chiffre, ça donne à peu près ça :
  • Première destination, les bureaux d’ « Iran Air » pour connaître l’endroit ou se trouvent les malles : 4 guichets et 30 min après, c'est parti pour...
  • le bâtiment principal des douanes ou se concentrent plusieurs rangées de fonctionnaires. Au bout de 2h00 de palabre, nous savons enfin où sont exactement mes malles. Destination donc le….
  • "Main Warehouse" : course poursuite entre les colis pour être sûr de trouver le bon douanier (celui qui n’est pas trop regardant, mais qui est, comme par hasard, très sollicité aussi). Ca y est, enfin mes malles ! Mais pas question de les prendre, ce n’est que l’inspection. Donc retour au…
  • bâtiment principal. Après 45 min passant de bureau en bureau, on nous donne enfin le bon formulaire pour aller payer les frais de dédouanement dans le…
  • "Public Warehouse". Bon rythme : les guichets défilent à grande vitesse… jusqu’à ce qu’un gars arrive et donne une pile de journaux du jour aux personnels (ce qui a profondément diminué notre rendement). On nous donne plein de nouveaux documents et destination le ….
  • "Main Warehouse" : on nous sort enfin mes 7 malles rapidement mises dans un pick-up loué pour l’occasion. Ca y est, on peut partir pour le…
  • "Control Inspection Dept.", celui qui vérifie que la 15aine de formulaires et bouts de papier en tout genre sont correctement remplis/tamponnés/paraphés.
Bref, après 9 heures et une 20aine de bureaux visités, nous avons enfin pu repartir avec les malles,…malles qui malheureusement se sont avérées ne pas être toutes à moi (les miennes m’attendaient sagement au Brésil….erreur de logistique française).

Y a des jours comme ça….

Is Iran good ?

Je ne prétends pas être un globe-trotter, mais j’ai quand même trainé mes guêtres dans pas mal de pays ; et comme mon teint d’informaticien blafard ne me permet pas de me fondre dans la masse, je suis souvent accosté par le quidam local en me demandant si ça va, d’où je viens, et puis généralement si je connais Zidane.

Les Iraniens ne dérogent pas à la règle. Même si quelques uns me demandent des nouvelles de Zidane, la troisième question porte beaucoup plus souvent sur ce que je pense de leur pays. Je ne dis pas que ça n’arrive jamais ailleurs, mais l’Iran est bien le seul endroit où l’on m'a demandé ça si souvent et si rapidement dans une discussion…

Cette question « Is Iran Good ? » m’a laissé perplexe au début. Je me demandais même si ce n’était une question piège posée par une police secrète quelconque pour me tester. Et n’ayant pas trop envie de finir au poste pour critique du gouvernement, je répondais sans hésitation « Yes, it’s great »,….puis je m’éclipsais le plus vite possible.

Bien sur, tout ça n’était que pure parano de ma part (à la fréquence où on me posait cette question, il aurait fallu une armée d’agents rien que pour moi,…et comme je n’étais pas un cas isolé,…).

J’ai donc logiquement fini par penser que l’Iranien était juste très curieux de savoir comment est perçu son pays,…

Que nenni…

En fait, si vous avez le malheur d’hésiter ou de répondre « not everyday » (ce qui peut m’arriver après 2 heures de bouchon à Téhéran), votre interlocuteur vous fera une moue pas possible et vous ignorera immédiatement après.

C’est que l’Iranien est fière son pays. Souvent il est même très excessif quand il parle de ses villes, de ses mosquées, de son histoire, de ses poètes,…et quelque fois de lui aussi. Via cette question, il s’attend qu’on abonde en ce sens,… ce qui m’est quelquefois très difficile.

Il faut dire qu’il tend quelquefois la perche, surtout avec le genre de variantes :
  • « Is live in Tehran good ? » : j’hésite : rien n’est effet plus agréable de déambuler à travers la ville, de s’arrêter à une terrasse d’un café, et de profiter du soleil ……Ah bah oui, c’est vrai : à Téhéran, il n’y a pas vraiment de cafés, donc pas de terrasses, de toute façon pas de place pour mettre une terrasse vu que les voitures prennent toute la place, et que de toute façon, il fait bien trop pollué pour, ne serait-ce, penser rester dehors longtemps.
  • « Is Iran better than France ? » : Ben tiens,... j’vais demander à ma femme ce qu’elle en pense, elle qui se fait arrêter de temps en temps par les Pasdarans parce que son manteau est trop court.
  • « Is there such a great place in your country ?» en me baladant au Tang-é Vashi : c’est vrai que Paris, le Mont-Saint Michel, ou les gorges de l’Ardèche, c’est de la gnognotte à côté.

Bref, quelque fois, l’Iranien peut paraître… un peu arrogant.

Enfin,... il a de bons côtés aussi,…

samedi 25 avril 2009

Persona non grata


Dans ma liste des lieux à visiter figure un bon nombre de grandes capitales mondiales, et New York en fait partie (bon, OK, ce n’est pas une capitale, mais c’est tout comme).


Seulement voilà, avec mon passeport remplis de visas iraniens (avec en plus quelques visas russes, chinois et vietnamiens), je crains (peut-être à tort) de devoir m’expliquer assez longtemps aux douanes américaines. Donc pour ces vacances, en lieu et place de New York, nous sommes allés à Hong Kong cette année.


Et Hong Kong,…..c’est tout le contraire de Téhéran : la mer, une épaisse couche de verdure sur les montagnes environnantes, des centres commerciaux partout,…et surtout entendre les gens s’amuser dans les rues, voir les femmes sans voile,… bref la liberté !!!


Après quelques jours, j’en avais même oublié que j’habitais l’Iran,….jusqu’au passage de la douane pour aller en Chine continentale (la vrai, pas celle de Hong-Kong qui a un statut particulier).


Et là, paf !! Le retour à la dure réalité. Le douanier chinois fut de toute évidence très émoustillé d’avoir un passeport bourré de visa iranien entre les mains. Après m’avoir demandé ce que je faisais en Iran (travail), il appelle son chef : « Irani » par ci, « Irani » par là,…et me voici escorté vers le poste de police de l’aéroport par une bonne demi-douzaine de gars en uniforme. Très impressionnant je dois dire !!


Et moi qui me disait « qui se ressemble, s’assemble : entre 2 pays connus pour appliquer les droits de l’homme à la lettre, je vais passer sans problème ici !!»,…et bah je me suis bien planté !!


Bon, après une fouille complète de ma valise (20 minutes à 2 tout de même), la recherche des « .JPG » dans mon PC ( ??), le tout sans aucune explication, j’ai pu quand même passer la douane.


Alors, à votre avis, …New York,… je tente ou pas ??


CHiPs

Il y a bien un truc auquel je ne m’attendais pas au vu du bordel ambiant sur les routes en Iran, c’était de me faire arrêter ici pour infractions routières.


Certes, je n’ai jamais était un chantre du respect des règles (il ne me reste que 4 points sur mon permis), mais les Iraniens le sont encore moins,… avec, en plus une certaine passivité de la maréchaussée locale.


Donc, pour revenir à mon cas, j’ai quand même trouvé le moyen de me faire arrêter ici 5 ou 6 fois, principalement pour des excès de vitesse.


Voici donc comment se déroule une verbalisation d’un étranger en Iran (prenons par exemple ma dernière expérience) :

Ce jour-là, en revenant d’une excusion hors de Téhéran, je me fis prendre pour dépassement de la vitesse autorisée (à mon grand regret, les flics ont également des radars ici) : On me fait signe de m’arrêter, je m’exécute et range ma bonne vieille 405 sur le bas coté. Je prends mes papiers et me dirige vers le véhicule de police (ici, le flic est un peu fainéant, il ne bougera pas du véhicule climatisé dans lequel il se trouve).


« Bonjour Monsieur l’agent » dis-je en français…toujours en français. Et là, j’avoue,… je me délecte toujours de ce petit instant ou je vois le visage de mon interlocuteur se décomposer.


Généralement, après avoir vainement recherché un salut potentiel (un collègue, un passant,…bref n’importe quoi qui puisse baratiner une langue étrangère avec moi), et ne sachant plus trop quoi faire, il tente ça chance en persan accompagné de grands gestes,… faute de mieux.


Un peu sadique (je devine quand même ce qu’il me dit), je lui fais comprendre que je ne capte pas un mot, et finalement la discussion (si on peut appeler ça comme ça) s’arrête là.


Bon, cette fois-ci, mon flic me baragouine « Speed », puis « Card » (pas mon jour ! Je suis tombé sur un « bilingue »). Je lui tends mes papiers un peu dépité. Et là, ….second effet Kiss Cool. Je le vois faire de grands soupirs devant mon permis international. Il faut dire que le permis international, c’est écrit en plein de langues, mais pas en persan, et quand on ne sait pas déchiffrer les lettres latines, c’est encore plus dur. Bref, après quelques hésitations, il me le rend et me fait signe d’aller voir ailleurs s’il y est.


Vous me direz : dans tous les pays, c’est pareil ! Les flics ne sont pas réputés pour leur connaissance d’autres langues.


Cependant ici, à force de limiter drastiquement le nombre d’étranger, assez souvent les flics sont pris totalement au dépourvu quand il tombe sur nous. C’est encore plus vrai en dehors de Téhéran.


Enfin,… je ne me plains pas. Ca m’a quand même évité toute verbalisation depuis un an.


mardi 7 avril 2009

Once again


Voilà, ça fait 3 jours que je suis de retour dans mon nouveau pays d’accueil. J'y ai déjà séjourné le mois dernier pour commencer le travail. Car après avoir passé 10 ans derrière un PC en France, j’avais besoin de partir et découvrir autre chose. Donc me voici….derrière un PC …..mais en Iran. Ca claque mieux non ?

J’ai donc signé pour aller m’expatrier pour le pays du tapis, de la pistache et des centrifugeuses à uranium …. Et en plus j’en ai pris pour 3 ans me diront les plus pessimistes.

Commencer ce blog seulement maintenant aura permis de vous épargner mes états d’âme et mes doutes quant à ce choix. Le mois déjà passé ici m’a donc permis de passer du stade « Mais keski m’a pris ! », à « Mouaif, Ca va pas être facile tous les jours». Grosse évolution, quand même !!

On m’a dit il n’y a pas très longtemps qu’il fallait 2 mois pour s’acclimater à un nouveau pays. Je pense qu’il en faudra un peu plus pour ici…. et vu, l’état dépressif de certains de mes collègues français, j’ai l’impression qu’on ne doit pas s’habituer à tout. On verra bien,…inch’allah comme on dit ici.

Quoiqu’il en soit, j’ai rencontré, pour mon travail, mes premiers interlocuteurs Iraniens sans trop de problème malgré le problème de langue ; je loge dans un hôtel miteux, mais comme le fameux sens de l’accueil des Iraniens n’est pas usurpé, ça rattrape la vétusté du lieu … et me suis confronté à la circulation dite « difficile » de Téhéran avec succès et, je l’avoue, avec un certain plaisir (les personnes connaissant ma façon de conduire comprendront).
…de toute manière je reviendrai sur tout ça un peu plus tard.