dimanche 7 août 2011

Le dôme de Soltanieh (Monument classé par l’Unesco)

Il y a peu de temps, 2 nouveaux sites ont été ajoutés à la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO. L’un d’eux est le bazar historique de Tabriz, l’une des dernières grandes villes du pays où je n’avais pas encore trainé mes guêtres.

Profitant de ce regain de curiosité provoqué par ce classement, me voici donc sur la route de la plus grande ville du nord ouest de l’Iran. Par chance, 2 autres sites, également reconnus par l’organisation, se trouvent (plus ou moins) sur mon chemin : Soltanieh, l’ancienne capitale des tribus mongoles s’étant installées la région, et Tashté-Soleiman, un ancien temple Zoroastrien.

Première étape donc : Soltanieh à 200 km à l’ouest de Téhéran.

De l’ancienne capitale, seul le mausolée d’Oljeitu construit au XIIIème et XIVème siècle subsiste. Il s’agit d’un gigantesque dôme de brique recouvert de faïence turquoise.

Le monument en impose encore aujourd’hui. C’est à plusieurs kilomètres de la ville où il est le plus impressionnant : avec ses 50 mètres, il couronne outrageusement le village et les prairies qui l’entourent.


De plus près, le temps a manifestement laissé son empreinte. Les minarets sur son toit sont très endommagés, et cela n’est rien à côté de la faïence et des décorations en stuc tombées en grande partie.

Des travaux de rénovation sont en cours, mais les travaux sembles pharaoniques tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. On peut cependant saluer la petite équipe de personne qui travaille sur ce chantier, car même si il semble disposer de faibles moyens, cela a déjà permis de rendre à la coupole son éclat bleuté.

samedi 6 août 2011

Blague locale

Les iraniens sont extrêmement chauvins, et de fait il est exceptionnel de les entendre critiquer leur pays (dans le sens nation).
Les très rares occasions ou ils le font, est dans le but d’égratigner le pouvoir en place, et ils le font avec un certain humour.

L’exemple en est cette blague racontée dernièrement par un de mes collègues et qui illustre bien l’état d’esprit d’une certaine partie de la population.

La voilà donc :

Obama, Sarkozy et Ahmadinedjad se retrouvent tous les 3 à la porte de l’enfer. Complètement estomaqués individuellement de se retrouver ici plutôt qu’au paradis, ils demandent à voir le patron des lieux pour comprendre ce qu’ils leur arrivent.

Chose faite et après plusieurs heures de palabre après, Lucifer leur dit : Assez parlé. Je vous offre une dernière possibilité de me convaincre que votre place n’est pas ici. Appelez qui vous voulez pour plaider votre cas, et j’aviserai ensuite.

Barack commence. Il prend le téléphone, appelle sa femme Michelle à Washington DC, lui explique la situation. Il passe le combiné à Lucifer, et s’ensuit une longue diatribe de sa femme vantant les bienfaits de son mari sur sa vie de famille, son pays, …

Lucifer raccroche,… réfléchit quelques secondes, puis dit « Mouaif, pas très convaincant tout ça,…. Bon j’y réfléchis. En attendant ça fera 5000 $ ».

Obama, un peu surpris, se demande pourquoi cet argent. Lucifer lui répond un peu énervé : « Bah quoi, tu crois que c’est gratuit les appels en longue distance ??? C’est que ça coute pépette pour avoir un câble qui relie l’enfer à la surface de la terre !!! ».

Obama s’exécute sans plus de question.

Au tour de Nicolas, n’étant pas très sur de son rôle de mari modèle, il préfère appeler son 1er ministre à Paris. Même topo : explique ce qu’il lui arrive, passe le combiné à Lucifer.
Quelques dizaines de minutes après, Il raccroche, regarde Nicolas, et lui dit :
« Pas drôle ton collègue, …bon laisse moi y penser, et donne moi mes 3000 € ! ».

Il voit Sarkozy commencer à maugréer, et pour éviter les discussions, Lucifer le coupe méchamment : « Quoi, y a encore un problème ? Vous croyez vraiment que c’est gratuit le téléphone ??? »

Un peu effrayé, Sarkosy lui donne ses 3000 €.

Arrive au tour de Mahmoud : « Mais ce n’est pas normal de me retrouver, je suis un vrai croyant moi ! Je suis l’icône de la liberté dans mon pays, je suis…. ». Lucifer reprend immédiatement : « Bon, on va pas y passer 3 heures, t’appelle ou quoi ???? ».

Mahmoud prend le téléphone, compose le numéro du guide suprême à Téhéran : « Allo, Khamenei ? Salam, Khoubasti ? Rasta na bachid….. », Lucifer s’impatiente, et prend finalement le téléphone. Il raccroche plusieurs minutes après, hilare !
« Si ça, c’est un amis, t’as pas besoin d’ennemis toi !!….Bon OK, je regarde ».

Mahmoud commence à sortir ses liasses de Rials, mais Lucifer réagit et lui dit que c’est gratuit pour lui.

Un peu choqués par ce qu’ils considèrent comme une injustice, Barack et Nicolas commencent à protester….

Lucifer, en les regardant de travers, leur répond : « Quoi ? Lui, il a passé un appel LOCAL !!! ».


Comprenne qui pourra…

dimanche 19 juin 2011

Caspian Sea (Bis repetita)

Dans la catégorie « j’aime / j’aime pas », aujourd’hui voici le cas de la ville de « Bandar Anzali ».

A de rares exceptions prés (comme Ispahan ou Yazd), les villes Iraniennes ne brillent malheureusement pas par leur beauté. Je passerai sur les faubourgs développés en totale anarchie le long des grands axe routier et qui n’ont aucun intérêt (mais c’est aussi un peu les cas des banlieues en Europe,….), pour me concentrer sur les centres « historiques ».

Prenons par exemple le cas de Bandar-Anzali, c'est le principal port iranien donnant sur la mer Caspienne. Cette ville a été en parti construite par les Russes pendant l’occupation du nord du pays au début du XXème siècle. Il reste encore quelques beaux bâtiments de cette époque avec leur façade décorée. Sous certain aspect, on pourrait même y trouver une certaine ressemblance avec des villes de l’est de l’Europe.

Vieille immeuble de Bandar Anzali à l'abandon

Mais manifestement la sauvegarde du patrimoine architectural n’est pas la priorité : les immeubles sont à l’abandon et laissent progressivement leur place à des constructions d’une banalité ou d’une laideur affligeante.

Le cas de cette ville n’est pas unique. Je suis souvent atterré de voir à Téhéran autant de vieux bâtiments, ou de vieilles maisons bourgeoises être détruits sans aucun remord. Il en va même ainsi dans les joyaux que sont Ispahan ou dans Yazd pourtant privilégiés en apparence.

Maison d'Ispahan
Même si de temps en temps, des travaux sont entrepris pour rénover les bâtiments les plus anciens, ils restent malheureusement rares et souvent dictées par l'urgence (c'est par exemple le cas pour un monument pourtant classé à l'Unesco, le dôme de Soltanieh en très mauvaise état).

La priorité du gouvernement n'est manifestement pas de mettre en valeur son patrimoine architectural, et je crains que cela ne soit trop tard pour certains sites complètement défigurés.

dimanche 12 juin 2011

Caspian Sea

On m’a très fréquemment vanté la beauté des paysages verdoyants de la mer Caspienne. La destination est l’un des lieux de villégiature préférés des Téhérannais. Elle a le mérite d’être relativement proche, et surtout de bénéficier de conditions à l’opposé de celles de Téhéran.

Difficile de croire en effet que de l’autre côté des montagnes qui entourent une capitale balayée par les vents du désert, se trouve des rivières, des lacs, des forêts qui rappelle un peu les paysages du Jura en France.

La raison en est que cette fameuse chaine montagneuse, l’Alborz, bloque une partie des nuages dont les précipitations ne profitent qu’au versant nord. Le résultat en est un climat qui favorise une végétation devenue luxuriante au point que les iraniens l’appellent exagérément « Jungle ».

Les bords de la Caspienne ne présente que peu d’intérêt : l’eau est trouble (c’est un champ pétrolifère important), les plages souvent souillées sont peu accueillantes (de tout façon, se baigner tout habillé à cause des lois iraniennes ne m’enchante pas trop), …en revanche, j’ai plutôt apprécié l’arrière pays et ses petits villages enfoncées dans les vallées.

L’un des plus célèbres est Masouleh. Il est construit en terrasse sur un flanc de montagne, le lieu est connu en Iran comme l’endroit ou « le toit des maisons est le chemin pour ceux du dessus ». Le village a su, avec ses maisons ocres, conserver une vraie authenticité jusqu’à aujourd’hui.

(La photo n’est pas de moi car impossible de retrouver les miennes)

Il existe également, sur la route de Masouleh, une petite ville du nom de Fuman. Rien de bien palpitant, mais il y a une spécialité de galettes fourrées avec une pâte de noix qui vaut vraiment le déplacement.

samedi 8 mai 2010

Enfin une bonne nouvelle

La municipalité de Téhéran et « Carrefour » ont l’honneur d’annoncer l’ouverture de leur premier centre commercial, dénommé « Hyperstar », à l’est de la ville.

Un bon gros Carrefour comme il y en a tant en France (voire un peu partout dans le monde), avec plein de chose à l’intérieur !!!



Bien sur, tout n’est pas encore parfait : les étals ne sont pas toujours bien achalandés et certains rayons (fromage, charcuterie,…) sont d’une monotonie affligeante,…et je ne vous parle même pas du rayon « spiritueux ».



Quoiqu’il en soit, son ouverture nous a substantiellement facilité la vie. Fini les petites boutiques de 10 m2 où s’entassent les produits du sol au plafond, fini les petites superettes qui vendent des produits d’importation 2 ou 3 fois leur prix, et fini aussi les « Sharvand », sorte de « Prisunic » des années 70 où les hôtesses de caisse étaient aussi avenantes que les matons de la Santé.

Au risque de passer pour bassement matérialiste, ce jour fut à marquer d’une pierre blanche !!

vendredi 26 juin 2009

Unplug

Constatant que le gouvernement utilise la propagande anti-occidentaux pour discréditer le mouvement en cours, je suspends temporairement l'écriture de ce blog. Un autre a été créé en mode privé afin d'éviter tout risque de mauvaise utilisation (je suis peut-être parano, mais tous les prétextes sont utilisés en ce moment pour arriver à leur fin)

Si vous voulez y accéder, merci de laisser un commentaire sur ce post (avec votre adresse mail et un petit message qui me permettra de filtrer les demandes indésirables).

Merci de votre compréhension.

la rédaction.

samedi 20 juin 2009

Blackout

Malgré les demandes, il m’est très difficile de relater les événements en Iran : d’une part parce que je ne suis pas un témoin direct des grandes manifestations qui se déroulent dans le centre de Téhéran, et d’autre part à cause de la chape de plomb qui s’est abattue sur les médias iraniens et étrangers depuis les élections.

La censure s’est fortement alourdie notamment sur le net ou les accès aux sites communautaires (Facebook, Twitter, MySpace, Youtube,....) ont tous été bloqués. Ces sites étaient utilisés par les manifestants pour informer ou organiser leurs rassemblements.

Les journaux et télévisions iraniennes qui ne brillaient déjà pas par leur objectivité ont ignoré les évènements les premiers jours avant d’admettre, devant l’ampleur des manifestations, l’existence de ce mouvement.

Quant à la télévision étrangère, une recrudescence des saisies des antennes satellites (interdites en Iran) se déroule en ce moment dans les différents quartiers de Téhéran. Ils ont même réussi à brouiller la diffusion de la BBC et d’autres chaînes d’information dont France24. Les journalistes étrangers ont bien sûr interdiction de couvrir les manifestations.

Tout est fait pour maitriser les flux d’informations : même les communications par téléphone (SMS, appel à l’étranger,...) sont fréquemment perturbées.

Les seules informations que l’on a proviennent de la propagande officielle ou de rumeurs totalement invérifiables. Nous ne savons tout simplement pas ce qui se passe réellement ici !!


D’un point de vue sécurité pour les étrangers, il n’y a pour l’instant pas de crainte à avoir. La situation au nord de Téhéran ou loge la majorité des étrangers est relativement calme (avec une présence policière accrue). Les commerces, les services (autre que la communication) et l’industrie fonctionnent normalement, il n’y a pas de grand débrayage (le fonctionnement des universités est à priori plus perturbé mais sans avoir de confirmation).

Le mot d’ordre donné par les ambassades est de se tenir à distance des rassemblements : les prochains jours seront cependant cruciaux (suite à l’allocution du « Guide Suprême » demandant l’arrêt des manifestations).

PS : Le cas échéant, ce blog passera en mode « Privé » pour éviter les risques de censures.

vendredi 5 juin 2009

Campagne présidentiel

A mon grand étonnement, l'élection à la présidentiel en Iran suscite un certain intérêt chez la jeunesse de Téhéran. Depuis l'ouverture de la campagne, des centaines de personnes se retrouvent tous les soirs sur la place de « Tajrish » et le long de la « Vali-Ars Street » au nord de la ville. La plupart scande le nom de Mir Hossein Moussavi, le candidat modéré soutenu par l'ancien président réformiste M. Khatami.



J'avais cru initialement que cette élection dont les protagonistes ne brillaient pas par leur diversité, allait conforter le sentiment d'indifférence, voire de rejet de la classe politique local,... c'était sans compter la très forte impopularité de Mahmoud Ahmadinedjad auprès de la jeunesse Téhérannaise.

Le retour aux « valeurs morales de la révolution islamique » prônait par son gouvernement depuis 4 ans y est clairement pour quelque chose : la multiplication des contrôles en tout genre (notamment vestimentaire), ou de surveillance des universités ont laissé un goût amer aux plus jeunes.

On verra ce qui ressortira de la présidentiel le 12 juin, mais même si le résultat n'est pas celui qu'elle souhaite, cela rassure d'ores et déjà sur la volonté de la nouvelle génération de faire bouger les choses.

Good luck !!

lundi 1 juin 2009

Iran v2.0

L’élection d’Obama aux Etats-Unis n’est pas passée inaperçue en Iran (comme partout ailleurs dans le monde), et même si il est totalement inimaginable qu’un des candidats à la présidentiel en Iran se réclame de lui, son dispositif de campagne, lui a tenté d’être copié ici.

Pour gagner en diffusion, Obama avait en effet misé une partie de sa campagne sur Internet : il avait sa page sur « Facebook » ou « Twitter », ses clips sur « Youtube », son blog,…. et une partie des débats se sont faits sur des forums de discussions.

Sauf qu’au niveau technologie de l’information, l’Iran, ce n’est pas les Etat-Unis,….mais alors vraiment pas !!

Un des candidats a bien essayé de faire sa pub sur « Facebook » avant de voir ses efforts réduit à néant à cause de l’interdiction soudaine du site en Iran. Bref,…pas facile de créer un espace virtuel dans un pays qui censure Internet à profusément.

On m’avait dit, avant mon arrivée, que la très stricte république islamique d’Iran restreignait l’accès aux sites d’opposants aux régimes ou aux sites aux mœurs très légères, ça ne m’avait pas plus inquiété que cela.
Malheureusement mes premiers pas dans le net iranien m’ont cependant très vite révélés une toute autre dimension du problème. Très vite je me suis confronté à ce genre de fenêtre :

Certains sites communautaires (« Facebook », « Youtube »,…), des sites d’information ("BBC/Persia",...), des forums (« Doctissimo », ….), des blogs,…. sont régulièrement filtrés. L’appareil d’état essaie de maitriser Internet comme il le fait sur la télévision, la radio ou la presse écrite,…en vain.

Le geek iranien (dont je fais un peu parti maintenant) est plutôt créatif : il arrive assez facilement à contourner les obstacles ; et l’information continue de passer d’une manière ou d’une autre.

samedi 30 mai 2009

Pique-nique

L’une des principales distractions le week-end en Iran est sans contestation possible le sacro-saint pique-nique.

Tous les vendredi matin, la grande transhumance des citadins commence vers les montagnes ou les campagnes environnantes, et, peu à peu, les endroits les plus propices se couvrent de tentes et de Zilous (large tapis de plastique pour recouvrir le sol).

Le pique-nique, ici, est beaucoup plus qu’une simple occasion de prendre l’air, c’est aussi le moyen pour les Iraniens de discuter, d’écouter de la musique, de danser aussi quelquefois débarrassés de toute pression.

Je ne peux bien sur qu’adhérer à ce rituel, mais techniquement j’ai vraiment du mal à saisir pourquoi certains d’entre eux choisissent les lieux les plus improbables pour leur pique-nique (et ce n’est clairement pas pour échapper à la surveillance des « Pasdarans »).

Tout y passe : le bas-côté poussiéreux d’une route, l’asphalte brulant d’un parking, et même le milieu d’un échangeur d’autoroute (vous savez.. le no man’s land coincé par les voies d’accès).


And the winner is….

Une fois n’est pas coutume, je vais faire dans l’actualité. Comme vous le savez sans doute les Iraniens vont choisir un nouveau président le 12 juin de cette année. Ce président aura le destin de la nation entre les mains pour les 4 prochaines années,…enfin,…. pas que dans ses propres mains.

C’est que le pouvoir, ici, est dissolu dans les multiples sphères politiques, militaires et religieuses du pays. Le président de la république islamique d’Iran n’a, par exemple, pas ou peu de pouvoir sur la défense ou sur le système judiciaire, ces 2 pans du système sont des prérogatives du « Guide Suprême de la Révolution », l’Ayatollah Khamenei.

Mais revenons à nos candidats,…

Peu de chance d’avoir un candidat farfelu (encore que Mahmoud,…), un « Conseil de Gardiens » (instance religieuse nommée par le Guide Suprême) valide chaque dossier, et supprime les cas les plus douteux (joueur de foot, idiot du village ou,… encore plus déraisonnable : les femmes ou les réformateurs,…). Bref sur 450 dossiers, seuls 4 ont été retenus.
Ils avaient été beaucoup plus nombreux 4 ans auparavant, ce qui avait fortement éparpillé les votes et conduit à l’élection surprise de Mahmoud Ahmadinedjad (peut-être une raison du nombre limité de candidat cette année).

Les prétendants sont donc :
  • Un religieux réformateur (mais pas trop), Mehdi Karroubi,
  • Un conservateur modéré, Mir Hossein Moussavi (sans doute le principal adversaire d’Ahmadinedjad),
  • Un ultraconservateur, Mohsen Rezaie (ancien chez des « Pasdaran », la police religieuse,…tout un programme)
  • Un conservateur fondamentaliste, Mahmoud Ahmadinedjad, himself, qui brigue un second mandat.
Bref, vous le voyez, un panel des plus larges,….

Allez, je vais jouer un peu aux apprentis pronostiqueurs : qui sera le prochain président de la république islamique d’Iran ?

Bein, unfortunatly , je pense que ça sera ….encore Mahmoud !!!

Bien qu’il soit honni dans les sphères intellectuelles de Téhéran, il est extrêmement magnifié dans les campagnes iraniennes grâce à sa politique hyper populiste. Mine de rien, en 4 ans, il a réussi à dilapider tous l’argent du pétrole dans ses subventions directes aux petits paysans,... peu importe si le pays est maintenant à cours de liquidité, et que l’inflation y est l’une des plus importantes au monde. Grâce à cette politique, il a autour de 50% d’intention de vote au premier tour d’après les sondages (mais je doute un peu de la véracité des sondages iraniens).

En plus le « Guide Suprême » le soutient presque officiellement, alors…..le prêche est dit (si j’ose m’exprimer ainsi).


samedi 9 mai 2009

Happy Nowrouz


Le nouvel an iranien est fêté le premier jour du printemps, c’est un héritage du calendrier Zoroastrien que l’arrivée de l’Islam n’a pas bouleversée. La célébration se déroule sur plusieurs jours, et suit un rituel bien établis… et un peu complexe aussi (cf lien Wikipédia).

Cette période est sans doute le meilleur moment de l’année pour les Iraniens : c’est l’une des rares occasions de sortir dans les rues pour un évènement vraiment festif,… bref l’ambiance y est beaucoup plus légère qu’à l’accoutumée.
Pour faire simple, « Nowrouz » c’est un peu le « nouvel an », le « 14 juillet » et les « grandes vacances d’août » de chez nous réunis en même temps. Les vendeurs des carrefours troquent leurs babioles habituelles par des pétards qui seront abusivement utilisés la veille, les devantures de magasins s’ornent de décorations traditionnelles (bougies, œufs peints, germes de blé,…), et beaucoup de monde profite des 2 semaines de vacances données dans les grandes administrations pour aller voir leur famille en province. Même la mairie de Téhéran tente de décorer un peu la ville pour l’occasion.

L’une des traditions les plus surprenantes est l’apparition quelques jours avant le nouvel an d’individus tout de rouge vêtus et avec visage grimé de noir. On les appelle les « Haji Pirûz », ils symbolisent la fin et la renaissance de l’année. Ces personnages déambulent dans les rues en dansant et en chatant la bonne année, tambourins à la main. Beaucoup de passant leur donnent un ou 2 billets en échange de leurs bons vœux.

Pour moi, « Nowrouz », c’est aussi beau bordel à l’aéroport quand tout le monde rentre à Téhéran en même temps. La police religieuse y est complètement dépassée à cause de l’affluence, et finit par laisser passer les bagages sans vérification...bref une bonne période pour passer outre la censure.

lundi 27 avril 2009

Parce que je le vaux bien

En Iran, la tenue islamique est de rigueur pour les femmes (même les étrangères), et les « Pasdaran » (gardiens de la révolution) sont là pour vérifier au bon respect de cette règle. Cependant, si vous imaginez que les iraniennes sont toutes voilées de la tête au pied, vous vous trompez lourdement.
C’est qu’au fil des années, elles ont su faire preuve d’une imagination sans limite pour rester féminine.
Ainsi les couleurs gaies ont remplacées peu à peu le noir ; le foulard, en glissant centimètre par centimètre, ne recouvre quelquefois plus que le chignon sur lequel il repose, et la tunique (pour cacher l’arrière) est devenue bien trop cintrée pour cacher quoique ce soit.

….et, là je ne parle pas du maquillage (quelque fois un peu extrême à mon goût).

Bref, même après un an ici, je suis encore tout étonné de voir autant de « laisser-aller », notamment dans les rues huppées de Téhéran,…. enfin un attrait à cette ville !!

Pour aller encore plus loin, l’une des dernières modes est de passer entre les mains des chirurgiens esthétiques, principalement pour refaire le nez (pour une raison que j’ignore, elles complexent dessus).
On voit ainsi de plus en plus des jeunes filles (quelques hommes aussi) arborant fièrement leur nouvel appendice nasal. Certaines font même dans l’ostentatoire : plus c’est voyant, mieux c’est !!…malheureusement !

C’est qu’un nez refait est aussi devenu un signe de statut social : il y a celles qui ont pu le faire (mine de rien, c’est que ce n’est pas gratuit tout ça), et celles qui ne le pourront jamais.

Bon, pour finir,… ces dernières ont trouvé la parade : elles portent pendant quelques jours un bout de sparadrap sur le nez (histoire de dire que elles aussi, elles l’ont fait), puis, devant le manque d‘enthousiasme de leurs copines en découvrant ce nouveau nez, expliquent que la modification n’a été que très légère.

Revue de presse

Depuis quelques semaines, je m’efforce de lire la presse officielle iranienne (celle en anglais), histoire de connaître l’actualité du pays dans lequel je vis.
Après chaque séance, je me dis que, vraiment j’ai de la chance d’habiter dans un pays si merveilleux où tout marche parfaitement alors qu’en France, il y a « des fréquentes batailles de rues à mesure que la qualité de vie se dégrade chaque année » (ça c’était pour la France hier, et je vous raconte pas ce qu’ont pris Israël ou les Etats-Unis).

Enfin bon,… ce n’est pas là ou je voulais en venir.

Hier, je suis tombé sur un article dans la rubrique « Société » sur le stress. Je vous le livre tel quel :


http://www.iran-daily.com/1387/3358/html/society.htm

Brièvement en français, ça donne : « les gens qui croient en dieu sont moins sensibles au stress et à l’anxiété. D’après une étude publiée dans une revue psychologique, il y a une différence significative entre le cerveau d’un croyant et celui d’un non croyant ». L’article conclut finalement que les croyants « sont moins stressés quand ils font des erreurs ».

Tout ça m’a laissé perplexe, et je me suis posé toute la nuit plein de questions métaphysiques :
  • Etait ce bien nécessaire d’aller ouvrir des cerveaux rien que pour ça ?
  • Les chercheurs n’ont-ils vraiment que ça à faire (alors que le problème beaucoup plus important de la repousse des cheveux n’est toujours pas résolu) ?
  • Si on avait aussi analysé le cerveau d’un buveur de bières récurrent, celui-ci aurait-il présenté les mêmes symptômes sur l’insensibilité au stress,
Et le plus important :
  • Si les croyants sont moins stressés quand ils font n’importe quoi, cela explique t’il pourquoi les Mollah n’ont aucun remord quant à leur façon de diriger ce pays ?

Commerces de proximité

Quand vous avez besoin d’acheter quelque chose en Iran, vous n’avez quasiment pas d’autres choix que de vous rendre dans une des toutes petites boutiques qui pullulent dans les rues ou dans les bazars.

Leur taille ne dépasse que très rarement la superficie d’une chambre au « Formule 1 », et malgré ça, on arrive à y trouver pratiquement n’importe quoi, même le plus invraisemblable.
C’est que le moindre recoin est utilisé pour y fourrer pêle-mêle le plus de produits possibles (et mieux vaut demander directement au proprio avant d’aller déranger son magasin).

La preuve ? Voici une photo d’une petite papeterie prise à Chiraz.

Bon là, j’avoue,... c‘est un peu un cas extrême.

Administration

Affronter l’administration iranienne peut quelquefois relever de la punition ultime. Heureusement pour moi, la majeure partie des démarches est prise en charge par l’antenne locale de l’entreprise ou je travaille. Tout est transparent,…ou presque.

Peu de temps après mon arrivée, il a fallu quand même récupérer mes affaires personnelles qui m’attendaient aux services des douanes de l'aéroport de Téhéran. Cette fois-ci, pas moyen de se défiler,….

Devant l’immensité de la tâche à accomplir, une personne de l’antenne locale m’accompagna pour me guider dans les dédales officiels et officieux de la douane iranienne. Pour être franc, mon rôle se résuma très vite à le suivre bêtement et à signer là ou il me demandait de signer.

J’aurai du mal à vous expliquer exactement par où et par quoi je suis passé. Imaginez-vous cependant une armée de fonctionnaires dans des bureaux dignes des années 50, racontant qu’ils ne peuvent rien faire tant qu’il n’y a pas le tampon « Truc » sur le formulaire « Machin » qui doit être paraphé par un responsable quelconque (mais qui n’est pas là), ou par son chef hiérarchique (mais peu enclin à stopper sa partie de « solitaire » endiablée sur son PC).

En pratique et en chiffre, ça donne à peu près ça :
  • Première destination, les bureaux d’ « Iran Air » pour connaître l’endroit ou se trouvent les malles : 4 guichets et 30 min après, c'est parti pour...
  • le bâtiment principal des douanes ou se concentrent plusieurs rangées de fonctionnaires. Au bout de 2h00 de palabre, nous savons enfin où sont exactement mes malles. Destination donc le….
  • "Main Warehouse" : course poursuite entre les colis pour être sûr de trouver le bon douanier (celui qui n’est pas trop regardant, mais qui est, comme par hasard, très sollicité aussi). Ca y est, enfin mes malles ! Mais pas question de les prendre, ce n’est que l’inspection. Donc retour au…
  • bâtiment principal. Après 45 min passant de bureau en bureau, on nous donne enfin le bon formulaire pour aller payer les frais de dédouanement dans le…
  • "Public Warehouse". Bon rythme : les guichets défilent à grande vitesse… jusqu’à ce qu’un gars arrive et donne une pile de journaux du jour aux personnels (ce qui a profondément diminué notre rendement). On nous donne plein de nouveaux documents et destination le ….
  • "Main Warehouse" : on nous sort enfin mes 7 malles rapidement mises dans un pick-up loué pour l’occasion. Ca y est, on peut partir pour le…
  • "Control Inspection Dept.", celui qui vérifie que la 15aine de formulaires et bouts de papier en tout genre sont correctement remplis/tamponnés/paraphés.
Bref, après 9 heures et une 20aine de bureaux visités, nous avons enfin pu repartir avec les malles,…malles qui malheureusement se sont avérées ne pas être toutes à moi (les miennes m’attendaient sagement au Brésil….erreur de logistique française).

Y a des jours comme ça….

Bientôt le printemps

Ouch,… en relisant mes 2 derniers articles, je me suis rendu compte que je n’ai pas été très complaisant avec mon pays d’accueil. Alors aujourd’hui, pour éviter de heurter les sensibilités une nouvelle fois, je ferai dans le politiquement correcte,... c’est que j’ai besoin de renouveler mon visa bientôt !

Si, un jour, vous visitez l’Iran, essayez de trouver une petite échoppe avec 3 ou 4 mixeurs en devanture. Il y a en pas mal dans les rues très fréquentées (la "Vali-Asr" à Téhéran par exemple).

Ces petits magasins vendent, entre autres, des jus de fruits frais quand les beaux jours arrivent,… et comme ça redevient le cas en ce moment en Iran,…

Personnellement, je vous conseille TRES, TRES FORTEMENT le jus de melon (mais il y aussi banane, mangues, pastèques,….).

J’en entends déjà dire : Bouaaahh, du melon en jus !!!

Et bien non, c’est vraiment pas mal !!! Perso, j’en ai fait une cure la saison dernière, et je compte bien recommencer cette année.

Ces melons sont cultivés ici (l’Iran est même l’un des plus gros producteurs de ce cucurbitacée). Ils n’ont ni la même forme (plus allongés), ni la même couleur (vert à l’intérieur) que ceux produit en France,... et croyez moi, ils sont surtout bien meilleurs aussi !

Allo la terre, ici Mahmoud

Ca n’a échappé à personne, l’Iran commémore en ce moment même l’anniversaire de la révolution islamique (les 30 ans cette année). Et comme tous les ans, cela s’accompagne d’annonces en tout genre devant illustrer l’avancé du pays. Ce type de déclaration est devenu presque une tradition ici, où le gouvernement et les grands industriels du pays rivalisent d’imagination.

Cette année, entre inaugurations d’hôpitaux ou de complexes sportifs divers, nous avons eu droit au premier satellite iranien envoyé dans l’espace.
Sur sa lancée, le gouvernement a aussi promis un avion furtif en milieu 2009, et, allez, je vous le donne dans le mille,….. un astronaute en 2021 (ça c’était dans le journal « Iran Daily » de la semaine dernière).

Tout cela a, bien sur, permis aux dignitaires du pays de s’enorgueillir de cette réussite, et de prouver, s’il le fallait une nouvelle fois encore, les bienfaits de la révolution islamique,…. bref une bonne grosse opération de propagande sensée détourner l’attention des iraniens de leurs problèmes quotidiens (c’est quand même plus facile d’annoncer ça que de dire qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, et qu’il va falloir arrêter les subventions sur le riz, l’essence, l’électricité,…..).

Comme pour toutes les annonces iraniennes du moment, cela s’est accompagnée de grands cris d’effroi des chancelleries occidentales qui ont brandi cette fois-ci le spectre de frappes iraniennes,….

Bein voyons !!

On peut mettre beaucoup de choses sur le dos des apparatchiks iraniens, mais pas la folie. Ils ont mis la main sur les richesses du pays il y a 30 ans, et ne vont surtout pas risquer de tout perdre dans un conflit direct avec l’occident, conflit qu’ils savent perdu d’avance malgré leurs discours vindicatifs.

Et puis, mine de rien, ces réactions épidermiques de nos gouvernements ne font qu’alimenter le discours paranoïaque de ce bon vieux Mahmoud. Alors s‘il vous plait, laissez-les s’auto-congratuler devant leur fusée 100% iranienne (au fait merci au nord-Coréen de l‘avoir fourni en parti), de leur satellite 100% iranien (merci aux Russes de l’avoir fabriqué). Tout ça n’est que pure propagande interne,…même les Iraniens (ceux qui ne sont pas au pouvoir) ne sont pas dupes (…enfin pas tous).

Is Iran good ?

Je ne prétends pas être un globe-trotter, mais j’ai quand même trainé mes guêtres dans pas mal de pays ; et comme mon teint d’informaticien blafard ne me permet pas de me fondre dans la masse, je suis souvent accosté par le quidam local en me demandant si ça va, d’où je viens, et puis généralement si je connais Zidane.

Les Iraniens ne dérogent pas à la règle. Même si quelques uns me demandent des nouvelles de Zidane, la troisième question porte beaucoup plus souvent sur ce que je pense de leur pays. Je ne dis pas que ça n’arrive jamais ailleurs, mais l’Iran est bien le seul endroit où l’on m'a demandé ça si souvent et si rapidement dans une discussion…

Cette question « Is Iran Good ? » m’a laissé perplexe au début. Je me demandais même si ce n’était une question piège posée par une police secrète quelconque pour me tester. Et n’ayant pas trop envie de finir au poste pour critique du gouvernement, je répondais sans hésitation « Yes, it’s great »,….puis je m’éclipsais le plus vite possible.

Bien sur, tout ça n’était que pure parano de ma part (à la fréquence où on me posait cette question, il aurait fallu une armée d’agents rien que pour moi,…et comme je n’étais pas un cas isolé,…).

J’ai donc logiquement fini par penser que l’Iranien était juste très curieux de savoir comment est perçu son pays,…

Que nenni…

En fait, si vous avez le malheur d’hésiter ou de répondre « not everyday » (ce qui peut m’arriver après 2 heures de bouchon à Téhéran), votre interlocuteur vous fera une moue pas possible et vous ignorera immédiatement après.

C’est que l’Iranien est fière son pays. Souvent il est même très excessif quand il parle de ses villes, de ses mosquées, de son histoire, de ses poètes,…et quelque fois de lui aussi. Via cette question, il s’attend qu’on abonde en ce sens,… ce qui m’est quelquefois très difficile.

Il faut dire qu’il tend quelquefois la perche, surtout avec le genre de variantes :
  • « Is live in Tehran good ? » : j’hésite : rien n’est effet plus agréable de déambuler à travers la ville, de s’arrêter à une terrasse d’un café, et de profiter du soleil ……Ah bah oui, c’est vrai : à Téhéran, il n’y a pas vraiment de cafés, donc pas de terrasses, de toute façon pas de place pour mettre une terrasse vu que les voitures prennent toute la place, et que de toute façon, il fait bien trop pollué pour, ne serait-ce, penser rester dehors longtemps.
  • « Is Iran better than France ? » : Ben tiens,... j’vais demander à ma femme ce qu’elle en pense, elle qui se fait arrêter de temps en temps par les Pasdarans parce que son manteau est trop court.
  • « Is there such a great place in your country ?» en me baladant au Tang-é Vashi : c’est vrai que Paris, le Mont-Saint Michel, ou les gorges de l’Ardèche, c’est de la gnognotte à côté.

Bref, quelque fois, l’Iranien peut paraître… un peu arrogant.

Enfin,... il a de bons côtés aussi,…

Naqsh-e Rostam

A 5 kilomètres de Persépolis, se trouve une colline dans laquelle ont été creusées 4 sépultures monumentales en forme de croix. Elles correspondent d’après les textes qui recouvrent une bonne partie de leur façade aux tombes des rois perses de l’antiquité : Darius I, Xerxès I, Artaxerxés I, et Darius II, les mêmes qui ont construit Persépolis.

En dessous d’elles, plusieurs bas reliefs ont été ajoutés par une dynastie plus contemporaine : celle des Sassanides qui a régné sur l’Iran au 3ème siècle après JC. Leur principal fait de gloire était d’avoir défait les Romains et pris le contrôle d’une partie de l’empire oriental romain. L’une des plus grandes fresques relatent d’ailleurs cet évènement.

Le 3ème édifice est un temple Zoroastrien (religion d’état pendant cette période) ou une flamme sacrée devait brûler indéfiniment. Le bâtiment a été construit il y a 2400 ans.