vendredi 26 juin 2009

Unplug

Constatant que le gouvernement utilise la propagande anti-occidentaux pour discréditer le mouvement en cours, je suspends temporairement l'écriture de ce blog. Un autre a été créé en mode privé afin d'éviter tout risque de mauvaise utilisation (je suis peut-être parano, mais tous les prétextes sont utilisés en ce moment pour arriver à leur fin)

Si vous voulez y accéder, merci de laisser un commentaire sur ce post (avec votre adresse mail et un petit message qui me permettra de filtrer les demandes indésirables).

Merci de votre compréhension.

la rédaction.

samedi 20 juin 2009

Blackout

Malgré les demandes, il m’est très difficile de relater les événements en Iran : d’une part parce que je ne suis pas un témoin direct des grandes manifestations qui se déroulent dans le centre de Téhéran, et d’autre part à cause de la chape de plomb qui s’est abattue sur les médias iraniens et étrangers depuis les élections.

La censure s’est fortement alourdie notamment sur le net ou les accès aux sites communautaires (Facebook, Twitter, MySpace, Youtube,....) ont tous été bloqués. Ces sites étaient utilisés par les manifestants pour informer ou organiser leurs rassemblements.

Les journaux et télévisions iraniennes qui ne brillaient déjà pas par leur objectivité ont ignoré les évènements les premiers jours avant d’admettre, devant l’ampleur des manifestations, l’existence de ce mouvement.

Quant à la télévision étrangère, une recrudescence des saisies des antennes satellites (interdites en Iran) se déroule en ce moment dans les différents quartiers de Téhéran. Ils ont même réussi à brouiller la diffusion de la BBC et d’autres chaînes d’information dont France24. Les journalistes étrangers ont bien sûr interdiction de couvrir les manifestations.

Tout est fait pour maitriser les flux d’informations : même les communications par téléphone (SMS, appel à l’étranger,...) sont fréquemment perturbées.

Les seules informations que l’on a proviennent de la propagande officielle ou de rumeurs totalement invérifiables. Nous ne savons tout simplement pas ce qui se passe réellement ici !!


D’un point de vue sécurité pour les étrangers, il n’y a pour l’instant pas de crainte à avoir. La situation au nord de Téhéran ou loge la majorité des étrangers est relativement calme (avec une présence policière accrue). Les commerces, les services (autre que la communication) et l’industrie fonctionnent normalement, il n’y a pas de grand débrayage (le fonctionnement des universités est à priori plus perturbé mais sans avoir de confirmation).

Le mot d’ordre donné par les ambassades est de se tenir à distance des rassemblements : les prochains jours seront cependant cruciaux (suite à l’allocution du « Guide Suprême » demandant l’arrêt des manifestations).

PS : Le cas échéant, ce blog passera en mode « Privé » pour éviter les risques de censures.

vendredi 5 juin 2009

Campagne présidentiel

A mon grand étonnement, l'élection à la présidentiel en Iran suscite un certain intérêt chez la jeunesse de Téhéran. Depuis l'ouverture de la campagne, des centaines de personnes se retrouvent tous les soirs sur la place de « Tajrish » et le long de la « Vali-Ars Street » au nord de la ville. La plupart scande le nom de Mir Hossein Moussavi, le candidat modéré soutenu par l'ancien président réformiste M. Khatami.



J'avais cru initialement que cette élection dont les protagonistes ne brillaient pas par leur diversité, allait conforter le sentiment d'indifférence, voire de rejet de la classe politique local,... c'était sans compter la très forte impopularité de Mahmoud Ahmadinedjad auprès de la jeunesse Téhérannaise.

Le retour aux « valeurs morales de la révolution islamique » prônait par son gouvernement depuis 4 ans y est clairement pour quelque chose : la multiplication des contrôles en tout genre (notamment vestimentaire), ou de surveillance des universités ont laissé un goût amer aux plus jeunes.

On verra ce qui ressortira de la présidentiel le 12 juin, mais même si le résultat n'est pas celui qu'elle souhaite, cela rassure d'ores et déjà sur la volonté de la nouvelle génération de faire bouger les choses.

Good luck !!

lundi 1 juin 2009

Iran v2.0

L’élection d’Obama aux Etats-Unis n’est pas passée inaperçue en Iran (comme partout ailleurs dans le monde), et même si il est totalement inimaginable qu’un des candidats à la présidentiel en Iran se réclame de lui, son dispositif de campagne, lui a tenté d’être copié ici.

Pour gagner en diffusion, Obama avait en effet misé une partie de sa campagne sur Internet : il avait sa page sur « Facebook » ou « Twitter », ses clips sur « Youtube », son blog,…. et une partie des débats se sont faits sur des forums de discussions.

Sauf qu’au niveau technologie de l’information, l’Iran, ce n’est pas les Etat-Unis,….mais alors vraiment pas !!

Un des candidats a bien essayé de faire sa pub sur « Facebook » avant de voir ses efforts réduit à néant à cause de l’interdiction soudaine du site en Iran. Bref,…pas facile de créer un espace virtuel dans un pays qui censure Internet à profusément.

On m’avait dit, avant mon arrivée, que la très stricte république islamique d’Iran restreignait l’accès aux sites d’opposants aux régimes ou aux sites aux mœurs très légères, ça ne m’avait pas plus inquiété que cela.
Malheureusement mes premiers pas dans le net iranien m’ont cependant très vite révélés une toute autre dimension du problème. Très vite je me suis confronté à ce genre de fenêtre :

Certains sites communautaires (« Facebook », « Youtube »,…), des sites d’information ("BBC/Persia",...), des forums (« Doctissimo », ….), des blogs,…. sont régulièrement filtrés. L’appareil d’état essaie de maitriser Internet comme il le fait sur la télévision, la radio ou la presse écrite,…en vain.

Le geek iranien (dont je fais un peu parti maintenant) est plutôt créatif : il arrive assez facilement à contourner les obstacles ; et l’information continue de passer d’une manière ou d’une autre.

samedi 30 mai 2009

Pique-nique

L’une des principales distractions le week-end en Iran est sans contestation possible le sacro-saint pique-nique.

Tous les vendredi matin, la grande transhumance des citadins commence vers les montagnes ou les campagnes environnantes, et, peu à peu, les endroits les plus propices se couvrent de tentes et de Zilous (large tapis de plastique pour recouvrir le sol).

Le pique-nique, ici, est beaucoup plus qu’une simple occasion de prendre l’air, c’est aussi le moyen pour les Iraniens de discuter, d’écouter de la musique, de danser aussi quelquefois débarrassés de toute pression.

Je ne peux bien sur qu’adhérer à ce rituel, mais techniquement j’ai vraiment du mal à saisir pourquoi certains d’entre eux choisissent les lieux les plus improbables pour leur pique-nique (et ce n’est clairement pas pour échapper à la surveillance des « Pasdarans »).

Tout y passe : le bas-côté poussiéreux d’une route, l’asphalte brulant d’un parking, et même le milieu d’un échangeur d’autoroute (vous savez.. le no man’s land coincé par les voies d’accès).


And the winner is….

Une fois n’est pas coutume, je vais faire dans l’actualité. Comme vous le savez sans doute les Iraniens vont choisir un nouveau président le 12 juin de cette année. Ce président aura le destin de la nation entre les mains pour les 4 prochaines années,…enfin,…. pas que dans ses propres mains.

C’est que le pouvoir, ici, est dissolu dans les multiples sphères politiques, militaires et religieuses du pays. Le président de la république islamique d’Iran n’a, par exemple, pas ou peu de pouvoir sur la défense ou sur le système judiciaire, ces 2 pans du système sont des prérogatives du « Guide Suprême de la Révolution », l’Ayatollah Khamenei.

Mais revenons à nos candidats,…

Peu de chance d’avoir un candidat farfelu (encore que Mahmoud,…), un « Conseil de Gardiens » (instance religieuse nommée par le Guide Suprême) valide chaque dossier, et supprime les cas les plus douteux (joueur de foot, idiot du village ou,… encore plus déraisonnable : les femmes ou les réformateurs,…). Bref sur 450 dossiers, seuls 4 ont été retenus.
Ils avaient été beaucoup plus nombreux 4 ans auparavant, ce qui avait fortement éparpillé les votes et conduit à l’élection surprise de Mahmoud Ahmadinedjad (peut-être une raison du nombre limité de candidat cette année).

Les prétendants sont donc :
  • Un religieux réformateur (mais pas trop), Mehdi Karroubi,
  • Un conservateur modéré, Mir Hossein Moussavi (sans doute le principal adversaire d’Ahmadinedjad),
  • Un ultraconservateur, Mohsen Rezaie (ancien chez des « Pasdaran », la police religieuse,…tout un programme)
  • Un conservateur fondamentaliste, Mahmoud Ahmadinedjad, himself, qui brigue un second mandat.
Bref, vous le voyez, un panel des plus larges,….

Allez, je vais jouer un peu aux apprentis pronostiqueurs : qui sera le prochain président de la république islamique d’Iran ?

Bein, unfortunatly , je pense que ça sera ….encore Mahmoud !!!

Bien qu’il soit honni dans les sphères intellectuelles de Téhéran, il est extrêmement magnifié dans les campagnes iraniennes grâce à sa politique hyper populiste. Mine de rien, en 4 ans, il a réussi à dilapider tous l’argent du pétrole dans ses subventions directes aux petits paysans,... peu importe si le pays est maintenant à cours de liquidité, et que l’inflation y est l’une des plus importantes au monde. Grâce à cette politique, il a autour de 50% d’intention de vote au premier tour d’après les sondages (mais je doute un peu de la véracité des sondages iraniens).

En plus le « Guide Suprême » le soutient presque officiellement, alors…..le prêche est dit (si j’ose m’exprimer ainsi).


samedi 9 mai 2009

Happy Nowrouz


Le nouvel an iranien est fêté le premier jour du printemps, c’est un héritage du calendrier Zoroastrien que l’arrivée de l’Islam n’a pas bouleversée. La célébration se déroule sur plusieurs jours, et suit un rituel bien établis… et un peu complexe aussi (cf lien Wikipédia).

Cette période est sans doute le meilleur moment de l’année pour les Iraniens : c’est l’une des rares occasions de sortir dans les rues pour un évènement vraiment festif,… bref l’ambiance y est beaucoup plus légère qu’à l’accoutumée.
Pour faire simple, « Nowrouz » c’est un peu le « nouvel an », le « 14 juillet » et les « grandes vacances d’août » de chez nous réunis en même temps. Les vendeurs des carrefours troquent leurs babioles habituelles par des pétards qui seront abusivement utilisés la veille, les devantures de magasins s’ornent de décorations traditionnelles (bougies, œufs peints, germes de blé,…), et beaucoup de monde profite des 2 semaines de vacances données dans les grandes administrations pour aller voir leur famille en province. Même la mairie de Téhéran tente de décorer un peu la ville pour l’occasion.

L’une des traditions les plus surprenantes est l’apparition quelques jours avant le nouvel an d’individus tout de rouge vêtus et avec visage grimé de noir. On les appelle les « Haji Pirûz », ils symbolisent la fin et la renaissance de l’année. Ces personnages déambulent dans les rues en dansant et en chatant la bonne année, tambourins à la main. Beaucoup de passant leur donnent un ou 2 billets en échange de leurs bons vœux.

Pour moi, « Nowrouz », c’est aussi beau bordel à l’aéroport quand tout le monde rentre à Téhéran en même temps. La police religieuse y est complètement dépassée à cause de l’affluence, et finit par laisser passer les bagages sans vérification...bref une bonne période pour passer outre la censure.

lundi 27 avril 2009

Parce que je le vaux bien

En Iran, la tenue islamique est de rigueur pour les femmes (même les étrangères), et les « Pasdaran » (gardiens de la révolution) sont là pour vérifier au bon respect de cette règle. Cependant, si vous imaginez que les iraniennes sont toutes voilées de la tête au pied, vous vous trompez lourdement.
C’est qu’au fil des années, elles ont su faire preuve d’une imagination sans limite pour rester féminine.
Ainsi les couleurs gaies ont remplacées peu à peu le noir ; le foulard, en glissant centimètre par centimètre, ne recouvre quelquefois plus que le chignon sur lequel il repose, et la tunique (pour cacher l’arrière) est devenue bien trop cintrée pour cacher quoique ce soit.

….et, là je ne parle pas du maquillage (quelque fois un peu extrême à mon goût).

Bref, même après un an ici, je suis encore tout étonné de voir autant de « laisser-aller », notamment dans les rues huppées de Téhéran,…. enfin un attrait à cette ville !!

Pour aller encore plus loin, l’une des dernières modes est de passer entre les mains des chirurgiens esthétiques, principalement pour refaire le nez (pour une raison que j’ignore, elles complexent dessus).
On voit ainsi de plus en plus des jeunes filles (quelques hommes aussi) arborant fièrement leur nouvel appendice nasal. Certaines font même dans l’ostentatoire : plus c’est voyant, mieux c’est !!…malheureusement !

C’est qu’un nez refait est aussi devenu un signe de statut social : il y a celles qui ont pu le faire (mine de rien, c’est que ce n’est pas gratuit tout ça), et celles qui ne le pourront jamais.

Bon, pour finir,… ces dernières ont trouvé la parade : elles portent pendant quelques jours un bout de sparadrap sur le nez (histoire de dire que elles aussi, elles l’ont fait), puis, devant le manque d‘enthousiasme de leurs copines en découvrant ce nouveau nez, expliquent que la modification n’a été que très légère.

Revue de presse

Depuis quelques semaines, je m’efforce de lire la presse officielle iranienne (celle en anglais), histoire de connaître l’actualité du pays dans lequel je vis.
Après chaque séance, je me dis que, vraiment j’ai de la chance d’habiter dans un pays si merveilleux où tout marche parfaitement alors qu’en France, il y a « des fréquentes batailles de rues à mesure que la qualité de vie se dégrade chaque année » (ça c’était pour la France hier, et je vous raconte pas ce qu’ont pris Israël ou les Etats-Unis).

Enfin bon,… ce n’est pas là ou je voulais en venir.

Hier, je suis tombé sur un article dans la rubrique « Société » sur le stress. Je vous le livre tel quel :


http://www.iran-daily.com/1387/3358/html/society.htm

Brièvement en français, ça donne : « les gens qui croient en dieu sont moins sensibles au stress et à l’anxiété. D’après une étude publiée dans une revue psychologique, il y a une différence significative entre le cerveau d’un croyant et celui d’un non croyant ». L’article conclut finalement que les croyants « sont moins stressés quand ils font des erreurs ».

Tout ça m’a laissé perplexe, et je me suis posé toute la nuit plein de questions métaphysiques :
  • Etait ce bien nécessaire d’aller ouvrir des cerveaux rien que pour ça ?
  • Les chercheurs n’ont-ils vraiment que ça à faire (alors que le problème beaucoup plus important de la repousse des cheveux n’est toujours pas résolu) ?
  • Si on avait aussi analysé le cerveau d’un buveur de bières récurrent, celui-ci aurait-il présenté les mêmes symptômes sur l’insensibilité au stress,
Et le plus important :
  • Si les croyants sont moins stressés quand ils font n’importe quoi, cela explique t’il pourquoi les Mollah n’ont aucun remord quant à leur façon de diriger ce pays ?

Commerces de proximité

Quand vous avez besoin d’acheter quelque chose en Iran, vous n’avez quasiment pas d’autres choix que de vous rendre dans une des toutes petites boutiques qui pullulent dans les rues ou dans les bazars.

Leur taille ne dépasse que très rarement la superficie d’une chambre au « Formule 1 », et malgré ça, on arrive à y trouver pratiquement n’importe quoi, même le plus invraisemblable.
C’est que le moindre recoin est utilisé pour y fourrer pêle-mêle le plus de produits possibles (et mieux vaut demander directement au proprio avant d’aller déranger son magasin).

La preuve ? Voici une photo d’une petite papeterie prise à Chiraz.

Bon là, j’avoue,... c‘est un peu un cas extrême.

Administration

Affronter l’administration iranienne peut quelquefois relever de la punition ultime. Heureusement pour moi, la majeure partie des démarches est prise en charge par l’antenne locale de l’entreprise ou je travaille. Tout est transparent,…ou presque.

Peu de temps après mon arrivée, il a fallu quand même récupérer mes affaires personnelles qui m’attendaient aux services des douanes de l'aéroport de Téhéran. Cette fois-ci, pas moyen de se défiler,….

Devant l’immensité de la tâche à accomplir, une personne de l’antenne locale m’accompagna pour me guider dans les dédales officiels et officieux de la douane iranienne. Pour être franc, mon rôle se résuma très vite à le suivre bêtement et à signer là ou il me demandait de signer.

J’aurai du mal à vous expliquer exactement par où et par quoi je suis passé. Imaginez-vous cependant une armée de fonctionnaires dans des bureaux dignes des années 50, racontant qu’ils ne peuvent rien faire tant qu’il n’y a pas le tampon « Truc » sur le formulaire « Machin » qui doit être paraphé par un responsable quelconque (mais qui n’est pas là), ou par son chef hiérarchique (mais peu enclin à stopper sa partie de « solitaire » endiablée sur son PC).

En pratique et en chiffre, ça donne à peu près ça :
  • Première destination, les bureaux d’ « Iran Air » pour connaître l’endroit ou se trouvent les malles : 4 guichets et 30 min après, c'est parti pour...
  • le bâtiment principal des douanes ou se concentrent plusieurs rangées de fonctionnaires. Au bout de 2h00 de palabre, nous savons enfin où sont exactement mes malles. Destination donc le….
  • "Main Warehouse" : course poursuite entre les colis pour être sûr de trouver le bon douanier (celui qui n’est pas trop regardant, mais qui est, comme par hasard, très sollicité aussi). Ca y est, enfin mes malles ! Mais pas question de les prendre, ce n’est que l’inspection. Donc retour au…
  • bâtiment principal. Après 45 min passant de bureau en bureau, on nous donne enfin le bon formulaire pour aller payer les frais de dédouanement dans le…
  • "Public Warehouse". Bon rythme : les guichets défilent à grande vitesse… jusqu’à ce qu’un gars arrive et donne une pile de journaux du jour aux personnels (ce qui a profondément diminué notre rendement). On nous donne plein de nouveaux documents et destination le ….
  • "Main Warehouse" : on nous sort enfin mes 7 malles rapidement mises dans un pick-up loué pour l’occasion. Ca y est, on peut partir pour le…
  • "Control Inspection Dept.", celui qui vérifie que la 15aine de formulaires et bouts de papier en tout genre sont correctement remplis/tamponnés/paraphés.
Bref, après 9 heures et une 20aine de bureaux visités, nous avons enfin pu repartir avec les malles,…malles qui malheureusement se sont avérées ne pas être toutes à moi (les miennes m’attendaient sagement au Brésil….erreur de logistique française).

Y a des jours comme ça….

Bientôt le printemps

Ouch,… en relisant mes 2 derniers articles, je me suis rendu compte que je n’ai pas été très complaisant avec mon pays d’accueil. Alors aujourd’hui, pour éviter de heurter les sensibilités une nouvelle fois, je ferai dans le politiquement correcte,... c’est que j’ai besoin de renouveler mon visa bientôt !

Si, un jour, vous visitez l’Iran, essayez de trouver une petite échoppe avec 3 ou 4 mixeurs en devanture. Il y a en pas mal dans les rues très fréquentées (la "Vali-Asr" à Téhéran par exemple).

Ces petits magasins vendent, entre autres, des jus de fruits frais quand les beaux jours arrivent,… et comme ça redevient le cas en ce moment en Iran,…

Personnellement, je vous conseille TRES, TRES FORTEMENT le jus de melon (mais il y aussi banane, mangues, pastèques,….).

J’en entends déjà dire : Bouaaahh, du melon en jus !!!

Et bien non, c’est vraiment pas mal !!! Perso, j’en ai fait une cure la saison dernière, et je compte bien recommencer cette année.

Ces melons sont cultivés ici (l’Iran est même l’un des plus gros producteurs de ce cucurbitacée). Ils n’ont ni la même forme (plus allongés), ni la même couleur (vert à l’intérieur) que ceux produit en France,... et croyez moi, ils sont surtout bien meilleurs aussi !

Allo la terre, ici Mahmoud

Ca n’a échappé à personne, l’Iran commémore en ce moment même l’anniversaire de la révolution islamique (les 30 ans cette année). Et comme tous les ans, cela s’accompagne d’annonces en tout genre devant illustrer l’avancé du pays. Ce type de déclaration est devenu presque une tradition ici, où le gouvernement et les grands industriels du pays rivalisent d’imagination.

Cette année, entre inaugurations d’hôpitaux ou de complexes sportifs divers, nous avons eu droit au premier satellite iranien envoyé dans l’espace.
Sur sa lancée, le gouvernement a aussi promis un avion furtif en milieu 2009, et, allez, je vous le donne dans le mille,….. un astronaute en 2021 (ça c’était dans le journal « Iran Daily » de la semaine dernière).

Tout cela a, bien sur, permis aux dignitaires du pays de s’enorgueillir de cette réussite, et de prouver, s’il le fallait une nouvelle fois encore, les bienfaits de la révolution islamique,…. bref une bonne grosse opération de propagande sensée détourner l’attention des iraniens de leurs problèmes quotidiens (c’est quand même plus facile d’annoncer ça que de dire qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, et qu’il va falloir arrêter les subventions sur le riz, l’essence, l’électricité,…..).

Comme pour toutes les annonces iraniennes du moment, cela s’est accompagnée de grands cris d’effroi des chancelleries occidentales qui ont brandi cette fois-ci le spectre de frappes iraniennes,….

Bein voyons !!

On peut mettre beaucoup de choses sur le dos des apparatchiks iraniens, mais pas la folie. Ils ont mis la main sur les richesses du pays il y a 30 ans, et ne vont surtout pas risquer de tout perdre dans un conflit direct avec l’occident, conflit qu’ils savent perdu d’avance malgré leurs discours vindicatifs.

Et puis, mine de rien, ces réactions épidermiques de nos gouvernements ne font qu’alimenter le discours paranoïaque de ce bon vieux Mahmoud. Alors s‘il vous plait, laissez-les s’auto-congratuler devant leur fusée 100% iranienne (au fait merci au nord-Coréen de l‘avoir fourni en parti), de leur satellite 100% iranien (merci aux Russes de l’avoir fabriqué). Tout ça n’est que pure propagande interne,…même les Iraniens (ceux qui ne sont pas au pouvoir) ne sont pas dupes (…enfin pas tous).

Is Iran good ?

Je ne prétends pas être un globe-trotter, mais j’ai quand même trainé mes guêtres dans pas mal de pays ; et comme mon teint d’informaticien blafard ne me permet pas de me fondre dans la masse, je suis souvent accosté par le quidam local en me demandant si ça va, d’où je viens, et puis généralement si je connais Zidane.

Les Iraniens ne dérogent pas à la règle. Même si quelques uns me demandent des nouvelles de Zidane, la troisième question porte beaucoup plus souvent sur ce que je pense de leur pays. Je ne dis pas que ça n’arrive jamais ailleurs, mais l’Iran est bien le seul endroit où l’on m'a demandé ça si souvent et si rapidement dans une discussion…

Cette question « Is Iran Good ? » m’a laissé perplexe au début. Je me demandais même si ce n’était une question piège posée par une police secrète quelconque pour me tester. Et n’ayant pas trop envie de finir au poste pour critique du gouvernement, je répondais sans hésitation « Yes, it’s great »,….puis je m’éclipsais le plus vite possible.

Bien sur, tout ça n’était que pure parano de ma part (à la fréquence où on me posait cette question, il aurait fallu une armée d’agents rien que pour moi,…et comme je n’étais pas un cas isolé,…).

J’ai donc logiquement fini par penser que l’Iranien était juste très curieux de savoir comment est perçu son pays,…

Que nenni…

En fait, si vous avez le malheur d’hésiter ou de répondre « not everyday » (ce qui peut m’arriver après 2 heures de bouchon à Téhéran), votre interlocuteur vous fera une moue pas possible et vous ignorera immédiatement après.

C’est que l’Iranien est fière son pays. Souvent il est même très excessif quand il parle de ses villes, de ses mosquées, de son histoire, de ses poètes,…et quelque fois de lui aussi. Via cette question, il s’attend qu’on abonde en ce sens,… ce qui m’est quelquefois très difficile.

Il faut dire qu’il tend quelquefois la perche, surtout avec le genre de variantes :
  • « Is live in Tehran good ? » : j’hésite : rien n’est effet plus agréable de déambuler à travers la ville, de s’arrêter à une terrasse d’un café, et de profiter du soleil ……Ah bah oui, c’est vrai : à Téhéran, il n’y a pas vraiment de cafés, donc pas de terrasses, de toute façon pas de place pour mettre une terrasse vu que les voitures prennent toute la place, et que de toute façon, il fait bien trop pollué pour, ne serait-ce, penser rester dehors longtemps.
  • « Is Iran better than France ? » : Ben tiens,... j’vais demander à ma femme ce qu’elle en pense, elle qui se fait arrêter de temps en temps par les Pasdarans parce que son manteau est trop court.
  • « Is there such a great place in your country ?» en me baladant au Tang-é Vashi : c’est vrai que Paris, le Mont-Saint Michel, ou les gorges de l’Ardèche, c’est de la gnognotte à côté.

Bref, quelque fois, l’Iranien peut paraître… un peu arrogant.

Enfin,... il a de bons côtés aussi,…

Naqsh-e Rostam

A 5 kilomètres de Persépolis, se trouve une colline dans laquelle ont été creusées 4 sépultures monumentales en forme de croix. Elles correspondent d’après les textes qui recouvrent une bonne partie de leur façade aux tombes des rois perses de l’antiquité : Darius I, Xerxès I, Artaxerxés I, et Darius II, les mêmes qui ont construit Persépolis.

En dessous d’elles, plusieurs bas reliefs ont été ajoutés par une dynastie plus contemporaine : celle des Sassanides qui a régné sur l’Iran au 3ème siècle après JC. Leur principal fait de gloire était d’avoir défait les Romains et pris le contrôle d’une partie de l’empire oriental romain. L’une des plus grandes fresques relatent d’ailleurs cet évènement.

Le 3ème édifice est un temple Zoroastrien (religion d’état pendant cette période) ou une flamme sacrée devait brûler indéfiniment. Le bâtiment a été construit il y a 2400 ans.



Persepolis, ou « Takht-e Jamshid » (le Trône de Jamshid)

Si il y a un lieu incontournable à visiter en Iran, c’est bien celui-ci : les restes de la capitale d’apparat d’un empire perse antique qui allait de la méditerranée à l’océan indien

Sa construction débuta en – 521 av JC sous le règne de Darius 1er, puis fût complétée par ses nombreux successeurs. Bien que certaines constructions aient été influencées par le style grec, égyptien ou mésopotamien (alors sous domination perse), Persépolis a bien sa propre identité architecturale. On comprend ainsi, en déambulant entre ses portes et ses colonnes monumentales, que l’on se trouve dans un des berceaux de l’antiquité au même rang que les civilisations Egyptiennes ou Grecs.
Malgré Alexandre le Grand, qui la détruisit partiellement en -331 av JC, et les ravages du temps, le site est, encore aujourd’hui, impressionnant et prouve la maitrise des architectes et ingénieurs de cette époque.

Un des bâtiments, reconstruit par un archéologue Allemand au XXème siècle, nous montre également les couleurs qui pouvaient arborée ces palais au temps de leur splendeur.

’un point de vu personnel, j’ai été également surpris par la mise en valeur du site : pas de voitures ou de magasins criards aux abords, pas de fils électrique qui pendouillent ici et là ! Ca peut paraître complètement idiot, mais si tous les monuments d’Iran pouvaient être préservés comme cela, je n’aurais pas à retoucher systématiquement mes photos avant de les mettre en ligne…

Pour plus d’info sur Persépolis : link

dimanche 26 avril 2009

Chiraz

Chiraz est considéré par les Iraniens comme la ville des poètes et des jardins,… pour moi, c’est celle ou j’ai fait un voyage dans le temps. Dès les premiers pas dans le centre ville, j’ai eu l’impression de me retrouver dans les photos faites par mes parents dans les années 1970. Tout m’y rapportait : les rues, les gens, leur voiture,… quelquefois les mêmes couleurs un peu ternies par le temps.

A la différence des autres villes visitées, Chiraz est moins stricte (sans doute moins religieuse), et cela se traduit par des tenues moins tristes qu’ailleurs : exit les vêtements noires, bonjour les chemises flashy, les pantalons à patte d’eph., et les pompes en (faux) croco,… Ajoutez à cela les quelques vieilles berlines américaines ayant survécues à la révolution, et le tableau est quasiment parfait. Personnellement, j’adore,… j’en ai même profité pour aller me faire une banane chez un coiffeur local,…

Bien sur, Chiraz a évidemment d’autres attraits : son château médiéval, son bazar typique, et, effectivement, ses jardins (dont un ou repose Hafez, l’un des plus célèbres poètes persans) ; mais c’est surtout le point de départ pour visiter la fameuse cité antique de Persepolis,…

Football féminin en Iran

Si on m’avait dit qu’un jour j’allais voir une compétition de football féminin dans la très stricte République Islamique d’Iran, j’aurais vraiment eu du mal à le croire, et pourtant,…

Il y a quelques mois, l’Iran a organisé la « First Islamic Women Football Club Competition » à Téhéran.

La compétition devait réunir :
- des clubs et équipes nationales Iraniennes (équipe première, espoir, …)
- une sélection d’Azerbaïdjan,
- une sélection d’Algérie,
- une sélection de Syrie,
- une sélection d’Afghanistan (doit pas être facile de courir avec une burka).


Bien que l’évènement se soit déroulé dans une relative indifférence (pas de publicité, stade sans spectateurs,…), il faut quand même saluer l’initiative : je ne suis pas sur que ce genre de compétition aurait pu avoir lieu il y a quelques années,….

….. enfin pas trop, car, à priori, on leur a un peu forcé la main,….

En effet, d’après certaines sources officieuses, la Fédération Internationale de Football (FIFA) aurait exigé de l’Iran la tenue de matchs féminins internationales sur le territoire iranien, faute de quoi, certaines subventions ou accords auraient été suspendues.

Ni une, ni deux, l’Iran aurait donc monté un tournoi officiel entre plusieurs pays,… (un peu rapidement peut-être car au final seules les équipes Algériennes et Azéris furent présentes).

Mine de rien, on devrait peut-être laisser la FIFA régler la question du nucléaire iranien, ça pourrait être plus efficace…

Côté sportive, Je m’abstiendrai de tout commentaire sur l’arbitrage pas très objectif et les méthodes un peu limites pour faire gagner les équipes iraniennes. De toute façon, cela n’a pas empêché les 2 équipes étrangères de se qualifier brillamment pour la finale,….finale remportée par l’Algérie par un score de 3 à 1 au terme d’un match assez disputé.

Vallée des Assassins

Il existe dans la langue française certains mots issus plus ou moins du perse. « Assassin » en fait parti. Pour être exact, ce mot ne vient pas du perse mais de l’arabe « Hashishin » (fumeur de Hashish). Ceci dit, il est étroitement lié à l’histoire du pays.

Je vois déjà certain se dire qu’il aurait du s’expatrier ici plutôt qu’en Belgique, mais non,… l’Iran n’est pas le pays des fumeurs de Hachich. C’est juste que la célèbre secte des « Assassins » fût fondée au XIème siècles dans le nord de l’Iran actuel.

Pour résumer, cette secte eu un rôle important dans tout le moyen orient à cette époque. Elle était extrêmement crainte par les dirigeants de ce monde car capable de frapper directement en haut de l'état. Ses « émissaires », à qui on faisait gouter avant au paradis (c’est là qu’intervient le Hashish), n’hésitaient pas à se sacrifier pour atteindre leur cible. Pour plus de détails, allez faire un tour sur Wikipedia.

Mais revenons à nos éléphants roses,…

Cette communauté fit construire plusieurs forteresses sur les flancs de l’Alborz. Le château d’Alamut est le plus connu d’entre eux. Il n’a plus sa grandeur d’antan, mais cela reste un lieu mythique pour les férus d’histoire (et pour les Iraniens également au vu de la fréquentation du site). Même maintenant, le château impose le respect, et on devine bien ce que pouvait être le sentiment des voyageurs lors qu’ils passaient à proximité : du haut de son éperon rocheux, il semble invincible encore aujourd’hui.

Le second est plus vaste, et un peu mieux conservé que le château d'Alamut. Le site est encore plus superbe car il domine un lac (mais on le le voit pas sur la photo, dommage).


samedi 25 avril 2009

Monsieur Cinéma

Depuis mon arrivée en Iran, je me suis toujours demandé quelle pouvait bien être l’ambiance dans une salle de ciné ici, et plus particulièrement entre hommes et femmes.


Vous vous en doutez bien, depuis la révolution islamique, tout est fait pour séparer les 2 sexes, et je ne m’imaginais pas les mollahs permettre aux hommes et aux femmes de se retrouver ensemble en toute liberté, dans une salle obscure qui plus est.


J’ai donc décidé d’aller voir ça ….


Il n’y a plus énormément de cinéma en activité en Iran, la plupart sont de vieilles salles ayant survécu à la révolution,…ambiance 70’s garantie.


Coté programmation, il est très rare d’avoir à l’affiche des films occidentaux (ou alors censurés,…très censurés). Alors, n’ayant pas trop le choix, je me suis orienté vers ce qui me semblait un film historique iranien.


Je m’acquitte du droit d’entrée (10 000 Rials, soit 70 centimes d’Euros), et me voilà dans la salle,....


Et bien le ciné en Iran, c’est comme dans les bus : les hommes sont devant et les femmes derrière, il n’y a pas le choix. Les couples restent quand même ensembles mais dans une zone bien spécifique (derrière les femmes dans mon ciné).

Et pour bien faire respecter cette règle (et les autres), un garde chiourme est constamment dans la salle, lampe torche à la main, et gares aux réfractaires,…


En même temps, heureusement qu’il est là celui-là, car une salle de cinéma en Iran, ça ressemble parfois à un hall de gare : ça rentre, ça sors, ça parle fort, ça répond au téléphone (ça appelle aussi quelquefois), ça fume (malgré le gros panneau « interdiction de fumer » dans la salle),…. Bref, un bon gros bordel !!!


Bon, pour l’ambiance, c’est peut-être différent dans d’autres salles de cinéma, la mienne était apparemment assez populaire.


A vrai dire, voir quelques femmes seules et les couples réunis m’a plutôt soulagé : je m’étais en effet préparé aux pires (séances réservées aux hommes, couples séparés, ou même voir les femmes cloitrées dans un box grillagé),…c’est qu’ils sont capables de tout ici, même du plus absurde !


Concernant le film, je n’ai pas tout compris (le persan et moi, ça fait toujours 2), mais de toute évidence, c’était un bon film de propagande : les héroïques Iraniens protégeant un Coran contre les méchants envahisseurs Arabes, Chrétiens (je n’avais pas connaissance que les croisées européens aient jamais foutu un pied en Iran !?) et Mongols. Drapeaux Iraniens et musiques grandiloquentes à profusion.

Tang e Vashi

Pour ceux qui auraient décidé de passer quelques jours à Téhéran (malgré tout ce que j’ai dit), voici une excursion possible dans les environs.

Le lieu se trouve à 80 km (tout de même) à l’est de la ville dans un ancien domaine royal. Cela s’appelle « Tang é Vashi », et comme il s’agit d’une des sorties préférées des téhérannais le vendredi, beaucoup connaissent (vous n’aurez donc qu’à demander).

La première partie de la promenade est la plus intéressante : il faut marcher à même le lit d’une rivière le long d’une gorge étroite. Au milieu du chemin, on est surpris de voir une grande fresque gravée à même le flanc de la montagne. Elle représente une scène de chasse remontant à l’époque Quadjars (dynastie perse du 19ème siècle).

Le passage aboutit ensuite sur une petite plaine verdoyante, lieu d’autant plus appréciable que c’est plutôt rare sur ce versent de l’Alborz. Les Iraniens en profitent pour s’adonner à leur occupation favorite le week-end (le pique-nique).

A l’autre bout de la vallée, existe un autre passage qui se termine par une petite cascade. Beaucoup tentent l’expérience d’aller faire un tour directement en dessous. C’est extrêmement rafraichissant de voir les iraniens et tout particulièrement les femmes (certaines pourtant voilées de la tête au pied) y allez pour barboter dans l'eau dans de grands éclats de rire,… un peu de folie, ça ne peut pas faire de mal.

Ramadhan

On m’avait dit avant de partir en Iran : « tu verras, passer le mois du Ramadhan dans un pays musulman, c’est génial : y a des décorations partout, et c’est la fête tous les soirs ».


Et bien je viens de passer mon second Ramadhan ici, et je ne vois toujours pas ce que je peux bien raconter là-dessus. La seule chose de notable, c’est que tous les restaurants sont fermés en journée (c’est une obligation sous peine d'amende : cf lien en bas). A part ça : « Rien ».


Je n’ai pas vu d’évènement ou de déco particuliers et il n'y a pas eu plus d’agitation pendant l’Aid El Fitr (fin du jeûne et jour de fête, ou tout le monde devrait aller à la mosquée).


Bon, comme tout en Iran, j’imagine que ça se passe essentiellement à l’intérieur des maisons et des appartements, mais quand même,… quel calme !


Je n’ai pas vraiment d’explication à donner sur ce « non-évènement ». Pour une partie des iraniens, cela peut simplement venir du fait qu’ils ne le suivent pas vraiment (j’en vois beaucoup manger dans leur bureau, ou même directement dans leur voiture), mais pour l’autre (celle plus conservatrice), je ne sais pas. Cela est peut être lié à une différence de culte entre Chiite et Sunnite (Les Chiites ayant leurs fêtes religieuses bien à eux, se désintéressent-ils peut-être des autres fêtes de l’Islam ?).


Voici également une petite dépêche AFP sur le sujet (ils n’ont vraiment que ça à faire les flics ici) : http://www.metimes.com/Politics/2008/09/10/iran_closes_eateries_over_violating_ramadan/afp/

Persona non grata


Dans ma liste des lieux à visiter figure un bon nombre de grandes capitales mondiales, et New York en fait partie (bon, OK, ce n’est pas une capitale, mais c’est tout comme).


Seulement voilà, avec mon passeport remplis de visas iraniens (avec en plus quelques visas russes, chinois et vietnamiens), je crains (peut-être à tort) de devoir m’expliquer assez longtemps aux douanes américaines. Donc pour ces vacances, en lieu et place de New York, nous sommes allés à Hong Kong cette année.


Et Hong Kong,…..c’est tout le contraire de Téhéran : la mer, une épaisse couche de verdure sur les montagnes environnantes, des centres commerciaux partout,…et surtout entendre les gens s’amuser dans les rues, voir les femmes sans voile,… bref la liberté !!!


Après quelques jours, j’en avais même oublié que j’habitais l’Iran,….jusqu’au passage de la douane pour aller en Chine continentale (la vrai, pas celle de Hong-Kong qui a un statut particulier).


Et là, paf !! Le retour à la dure réalité. Le douanier chinois fut de toute évidence très émoustillé d’avoir un passeport bourré de visa iranien entre les mains. Après m’avoir demandé ce que je faisais en Iran (travail), il appelle son chef : « Irani » par ci, « Irani » par là,…et me voici escorté vers le poste de police de l’aéroport par une bonne demi-douzaine de gars en uniforme. Très impressionnant je dois dire !!


Et moi qui me disait « qui se ressemble, s’assemble : entre 2 pays connus pour appliquer les droits de l’homme à la lettre, je vais passer sans problème ici !!»,…et bah je me suis bien planté !!


Bon, après une fouille complète de ma valise (20 minutes à 2 tout de même), la recherche des « .JPG » dans mon PC ( ??), le tout sans aucune explication, j’ai pu quand même passer la douane.


Alors, à votre avis, …New York,… je tente ou pas ??


CHiPs

Il y a bien un truc auquel je ne m’attendais pas au vu du bordel ambiant sur les routes en Iran, c’était de me faire arrêter ici pour infractions routières.


Certes, je n’ai jamais était un chantre du respect des règles (il ne me reste que 4 points sur mon permis), mais les Iraniens le sont encore moins,… avec, en plus une certaine passivité de la maréchaussée locale.


Donc, pour revenir à mon cas, j’ai quand même trouvé le moyen de me faire arrêter ici 5 ou 6 fois, principalement pour des excès de vitesse.


Voici donc comment se déroule une verbalisation d’un étranger en Iran (prenons par exemple ma dernière expérience) :

Ce jour-là, en revenant d’une excusion hors de Téhéran, je me fis prendre pour dépassement de la vitesse autorisée (à mon grand regret, les flics ont également des radars ici) : On me fait signe de m’arrêter, je m’exécute et range ma bonne vieille 405 sur le bas coté. Je prends mes papiers et me dirige vers le véhicule de police (ici, le flic est un peu fainéant, il ne bougera pas du véhicule climatisé dans lequel il se trouve).


« Bonjour Monsieur l’agent » dis-je en français…toujours en français. Et là, j’avoue,… je me délecte toujours de ce petit instant ou je vois le visage de mon interlocuteur se décomposer.


Généralement, après avoir vainement recherché un salut potentiel (un collègue, un passant,…bref n’importe quoi qui puisse baratiner une langue étrangère avec moi), et ne sachant plus trop quoi faire, il tente ça chance en persan accompagné de grands gestes,… faute de mieux.


Un peu sadique (je devine quand même ce qu’il me dit), je lui fais comprendre que je ne capte pas un mot, et finalement la discussion (si on peut appeler ça comme ça) s’arrête là.


Bon, cette fois-ci, mon flic me baragouine « Speed », puis « Card » (pas mon jour ! Je suis tombé sur un « bilingue »). Je lui tends mes papiers un peu dépité. Et là, ….second effet Kiss Cool. Je le vois faire de grands soupirs devant mon permis international. Il faut dire que le permis international, c’est écrit en plein de langues, mais pas en persan, et quand on ne sait pas déchiffrer les lettres latines, c’est encore plus dur. Bref, après quelques hésitations, il me le rend et me fait signe d’aller voir ailleurs s’il y est.


Vous me direz : dans tous les pays, c’est pareil ! Les flics ne sont pas réputés pour leur connaissance d’autres langues.


Cependant ici, à force de limiter drastiquement le nombre d’étranger, assez souvent les flics sont pris totalement au dépourvu quand il tombe sur nous. C’est encore plus vrai en dehors de Téhéran.


Enfin,… je ne me plains pas. Ca m’a quand même évité toute verbalisation depuis un an.


Forteresses du désert


Si l’on croit les Iraniens, qu’ils viennent de Tabriz, d’Ispahan, ou du coin le plus reculé d’Iran, leur ville possède la plus belle mosquée du Pays (voire mieux). Mosquée que chaque touriste passant par l’Iran devrait absolument voir.

Les mosquées en Iran sont certes magnifiques, mais je crains de saturer assez rapidement dans les visites de monuments religieux. Heureusement pour moi, les environs de Yazd m’ont permis de découvrir enfin autre chose.


Il existe à l’est de la ville des villages assez typiques construits autour de vielles forteresses en Pisé. C’est un peu en dehors des circuits touristiques, mais ces châteaux datant généralement du 9ème siècle méritent vraiment le déplacement.



Bizarrement, les Iraniens ne comprennent pas trop pourquoi un étranger fait autant de kilomètres pour voir tout ça,…alors que pas plus loin, il y a une superbe mosquée.


Yazd


Yazd est réputée pour être l’une des plus anciennes citées du pays. Elle est située aux confins du plateau Iranien, et son relatif isolement lui à permis d’échapper aux destructions qui ont accompagnées les grandes invasions Mongol et Arabe. Il y reste donc un important centre historique qui a peu bougé depuis plusieurs siècles.


Les 2 monuments les plus connus sont la mosquée Jameh et le monument Amir Chakhmâgh, mais pour moi, ce ne fut pas ce qu’il y avait de plus intéressant.


L’architecture fut, ici, complètement adaptée aux conditions climatiques extrêmes (une chaleur étouffante une bonne partie de l’année, et des hivers quelquefois très rudes).


Toute la ville s’est, par exemple, enfoncée pour profiter de la fraicheur de caves construites sur deux, trois niveaux, voire plus. On y trouve, même encore maintenant, toute une activité souterraine : cafés, salles de sport,… à plusieurs mètres de profondeur.


L’enfoncement était également nécessaire pour bénéficier de l’eau apporté par les fameux « Qanats » (cf l’article précédent).


Les maisons traditionnelles, quant à elles, étaient généralement scindées en 2, de part et d’autre d’une cour intérieure. La partie donnant vers le nord, ouverte et à l’abri des rayons du soleil, est utilisée pour les mois les plus chauds, et la partie donnant vers le sud, pendant l’hiver.


Les plus riches propriétaires installèrent également des « Badgirs » (Tours du vent) destinées à faire circuler un courant d’air frais dans la partie destiné à l’été. C’est pour moi le symbole de la ville.


Bref, si vous avez décidé de visiter l’Iran, essayez de passer par Yazd. Elle propose sans doute l’une des diversités architecturales les plus riches d’Iran.

Paysage Lunaire

J’ai eu l’occasion, il y a peu, de prendre l’avion pour me rendre dans le centre de l’Iran, à Yazd pour être plus précis.

Vers la fin du trajet, j’avais été surpris de voir une multitude de cratères bien alignées et à intervalle plus ou moins régulier. Chacun d’entre eux avait un diamètre de 2 ou 3 mètres et un point noir au centre (difficile de juger vu d’avion).

En y regardant de plus près, il y en avait même plusieurs séries, traçant leur route dans un paysage particulièrement désertique. Certaines semblait dater de plusieurs décennies, d’autres étaient relativement récentes.


e me demandais bien évidemment à quoi cela pouvait bien servir et, connaissant le gout des Iraniens pour les superlatifs, je voyais déjà le premier quidam venu m’expliquer qu’il s’agissait soit du plus gros dessin en pointillé du monde (à raccorder avec le plus gros crayon du monde), soit de la représentation de la plus grande peau à acné du monde (bein oui, les « points noirs » !), soit de l’œuvre de la plus grosse taupe du monde, espèce indigène au pays et nul par ailleurs, …. Bref, j’ignorais ce que c’était, mais ça allait être le « truc » le plus grand du monde.

J’ai eu ma réponse en visitant un musée à Yazd : Le centre de l’Iran est composé d’un plateau entouré par de grandes chaînes de montage. Malgré cela, il n’y a que très peu d’eau : pas de lacs, pas de rivières,… L’eau (parce qu’il y en a quand même) descend directement des versants des montages, puis disparaît rapidement dans les nappes phréatiques. Bref à moins de faire de très profonds puis, impossible d’y faire pousser quoique ce soit dans ce fameux plateau,…. Et pourtant,….

La méthode était toute simple : aller chercher l’eau là ou elle est.

Les Perses, il y a 3000 ans, ont commencé à percer des tunnels en pente douce des montagnes ou l’eau est facilement accessible jusqu’aux champs et villes du plateau iranien. Pour finir, ce que j’avais pris pour des cratères sont en fait le résultat de l’accumulation de déblais, et les points noirs, les trous d’accès et d’aération pour les ouvriers qui y ont travaillé.

C’est ce qu’on appelle les « Qanats ». Une grande partie du territoire iranien en tirait profit (et le territoire Iranien, c’est quand même plus de 3 fois la France). Même si cela tend à disparaître au profit des pompes mécaniques, beaucoup d’entre eux sont encore utilisés notamment dans la région de Yazd. Ce fut l’un des travaux de terrassement les plus importants au monde effectué depuis l’antiquité et, bien entendu, les Iraniens en sont extrêmement fiers.

TV suite et fin

Il y a bien une chose que l’on partage avec l’Iran (et sans doute beaucoup d’autres pays) sur les journaux télévisés, c’est leur recherche constante du sensationnel (voire une certaine non-objectivité aussi). C’est d’autant plus marquant lorsqu'ils tentent de synthétiser un fait passé dans un autre pays.

Il existe en Iran une chaîne d’information continue qui s’appelle Irinn. Elle diffuse en Persan mais passe continuellement des bandeaux d’informations en Anglais. Je la regarde quelque fois parce que, justement, je peux enfin comprendre un peu ce qu’ils racontent sur la France ou sur l’Europe.

Et bien en fait, ils ne disent pas grand-chose : seuls sont remontés nos nombreuses grèves ou les faits divers comme les émeutes en fin de cortège de ces mêmes grèves, les brûlages de voitures à la saint Sylvestre, ou les histoires encore plus glauques.

Pas étonnant que mes collègues Iraniens me demandent quelquefois pourquoi il y a la « révolution » en France à chaque grève estudiantine, ou si séquestrer quelqu’un dans une cave est une tradition autrichienne (bon ok, sur ce dernier point, ils ne l’ont pas vraiment formulé comme ça !).

Ce n’est pas mieux non plus côté télé française : à l’écouter, L’Iran ne serait peuplé que de fanatiques religieux ultraconservateurs (ce que les Iraniens ne sont pas).

Il est également étrange de constater comment les journalistes de différents pays peuvent relater un même évènement (mais il y a aussi un peu de propagande là-dedans). Voici 2 exemples d’une même information mais vu de part et d’autre :

  • l’intervention d’Ahmadinedjab à l’université américaine de Colombia l’an dernier : en Iran, on a beaucoup parlé du discours d’ouverture pour le moins agressif du président de l’université (et qui a choqué les Iraniens pour qui le bon accueil d’un étranger est quasi une question d’honneur). Aucun commentaire sur cette affaire en Europe, seules les déclarations sur la non-existence d’homosexuel en Iran ont fait les choux gras de la presse.

  • Une déclaration de Sarkozy sur l’Iran en fin d’année dernière et qui disait : « L’Iran est un grand pays, les Iraniens sont un grand peuple, l’Iran est une grande civilisation… Ce que je veux obtenir, c’est que la société iranienne se rende compte de l’impasse où les conduit l’attitude de quelques-uns de ses dirigeants. », devenue sur la télé iranienne : «Sarkozy said : Iran is a great civilization », et puis... plus rien d’autre !

Cachez ce sein que je ne saurais voir


Il m’est arrivé de regarder quelquefois les émissions de la télévision iraniennes, et c’est assez efficace... comme somnifère !!

Bon…j’admets que le problème de la langue n’avait rien arrangé, mais de toute évidence même les Iraniens la trouvent des plus barbantes.

Le motif : et bien comme tout ici, les chaînes de télévision sont gérées directement ou indirectement par l’état... et, à force de tout vouloir contrôler (qui a dit censurer ?), leur TV est devenue des plus aseptisées (et c’est un euphémisme !).

Pour résumer un peu méchamment, il n’y a qu’une succession de séries TV « made in Iran » d’un mielleux à la limite du supportable (et pas nécessaire de comprendre le farsi pour s’en apercevoir). A titre de comparaison, le plus insipide des épisodes d’ « Hélène et les garçons » passerait pour une apologie de la violence et de la pornographie.

Bon… ok! Il n’y a pas que ça. Il y a aussi des mollahs qui y parlent pendant des heures (mais là, impossible de vous dire ce qu’ils peuvent bien raconter).

Il n’y a, en plus, pas moyen d’y échapper (en tout cas théoriquement) : les antennes satellites sont interdites, donc impossible de recevoir les chaines internationales. Je dis « théoriquement » car les gens aisés en possèdent généralement une, bien cachée, pour éviter la descente chez eux des « Pasdarans » (en français « gardien de la révolution »).

Quoiqu’il en soit, voici un petit exemple de ce que peut donner le respect des bonnes mœurs ici :

L'une des premières fois que je zappais sur une chaîne locale, j’avais été surpris de tomber sur « Indiana Jones et le temple maudit » en VO sous-titré Farsi. L’image était quelquefois un peu bizarre, mais ç'était toujours mieux que TV5 et son «Question pour un Champion »... Donc je regarde...

…. Et puis à un moment, je trouve le film bien incohérent : Mr Jones ouvre la porte de la chambre de sa compagne de voyage dans un palais et paf… la seconde d’après, il se retrouve dans un tunnel. Et là, le clic dans ma petite cervelle… Toutes les scènes où l’on voyait une actrice un peu dénudéeavaient été supprimées, et quand cela n’était pas possible pour la compréhension du film, leur corps avait été flouté.

C'était notamment le cas pour l'actrice principale vêtue d'un Sari (tenue traditionnelle hindoue) une bonne partie du film, et c’est vrai qu’avec un Sari, on voit le nombril...... bien trop érotique pour l'Iran !!